Rumonge : trafic de jeunes filles à Kigwena
Au moins cinq filles ont été victimes de ce « trafic » depuis le début de cette année dans la zone Kigwena de la commune et province Rumonge (sud-ouest du Burundi).Les parents des victimes demandent le démantèlement du réseau des trafiquants de jeunes filles qui, selon eux, opèrent au Burundi et en Tanzanie.La police locale indique avoir arrêté un suspect. (SOS Médias Burundi)
Le cas le plus récent est de Chanella Uwiteka, une écolière de 15 ans qui fréquentait l’école fondamentale de Nyakuguma en zone Kigwena.
Selon des habitants de Kigwena, elle est alitée dans un hôpital du chef-lieu de la province Rumonge depuis le début du mois d’avril.
« Elle a subi des traitements inhumains en Tanzanie, elle présente des blessures sur la tête, sur les fesses et aux pieds. Elle avait été enlevée à Kigwena en janvier dernier puis emmenée en Tanzanie où elle a été victime de toutes formes de violence », ont-ils indiqué.
Selon les mêmes sources, c’est au début du mois d’avril qu’elle a été abandonnée sur la route dans la localité de Kigwena où sa famille l’a récupérée.
Des sources administratives à Kigwena nous ont révélé que depuis le début de cette année, cinq jeunes filles ont été recrutées par des trafiquants clandestins.
Ces adolescentes sont pour la plupart des écolières à l’école fondamentale Nyakuguma et Cabara en zone kigwena.
La police locale dit avoir arrêté un suspect. Il s’agit de Sabine Irankunda qui vient d’être appréhendée pour la deuxième fois pour les mêmes faits.
Les parents de ces enfants déplorent la négligence dans le traitement de ce dossier, déjà dans les mains d’un officier de police judiciaire.
Un défenseur des droits des enfants qui a requis l’anonymat parle d’un réseau très organisé de trafiquants de jeunes filles.
Il plaide pour la collaboration des instances judiciaires avec l’administration communale et provinciale pour démanteler ce réseau, affirmant qu’il y a ceux qui font le recrutement de ces enfants à Kigwena, ceux qui assurent le transport et leur font traverser la frontière burundo- tanzanienne, ceux qui les accueillent en Tanzanie et qui les revendent à ceux qui les exploitent là-bas.
Certains parents des victimes demandent aussi que les autorités burundaises travaillent avec celles de la Tanzanie pour que ce réseau de trafiquants soit anéanti et que tous les enfants qui ont été vendus sur le territoire tanzanien soient identifiés pour être ramenés au Burundi.
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Photo : une femme burundaise arrive à l’aéroport de Bujumbura à bord d’un bus avant de prendre un vol pour l’Arabie Saoudite lors d’un premier déploiement de travailleurs migrants visant à lutter contre la traite des jeunes femmes, le 17 mai 2023.
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