Nakivale (Ouganda) : méfiance entre les communautés burundaise et rwandaise

Nakivale (Ouganda) : méfiance entre les communautés burundaise et rwandaise

Les communautés burundaise et rwandaise se regardent en chien de faïence au camp de Nakivale en Ouganda. La tension est accentuée par l’arrestation d’un réfugié burundais à la demande d’un leader communautaire rwandais.

INFO SOS Médias Burundi

Le Burundais Étienne Ntakarutimana a été appréhendé par la police. Sa communauté accuse un chef de village rwandais d’avoir comploté contre lui. Il a été arrêté le 16 juillet dernier.

«Le leader rwandais s’est plaint que ce Burundais l’aurait menacé de mort. Mardi, ce réfugié a été arrêté par la police et directement transféré à la prison communale de Kabingo. Pourtant il n’y a pas eu de preuves tangibles l’incriminant », selon sa famille.

La communauté de réfugiés burundais à Nakivale parle d’un acte prémédité.

« Le leader rwandais a, à maintes reprises juré qu’il va en découdre avec des Burundais de son village Nyarugugu C », accusent des réfugiés burundais.

L’homme en détention qualifié par ses pairs de  » victime » nie les faits. Il demande une assistance juridique.

Cela fait suite à une méfiance accrue entre ces deux communautés. Depuis l’arrivée des Burundais dans ce camp notamment en 2015 suite à la crise déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza cette année, les Rwandais essentiellement des Hutus qui ont fui après le génocide contre les Tutsis de 1994, se sont sentis menacés.

« Ils voient ces réfugiés burundais en émissaires du pouvoir rwandais pour les traquer, ce qui n’est pas le cas et d’ailleurs plusieurs d’entre nous n’ont jamais été au Rwanda », précise un leader communautaire burundais.

« Les Rwandais sont toujours dans leur groupe restreint, ne veulent pas intégrer des activités communes avec des Burundais, s’organisent entre eux en une sorte d’entraide sociale et ne veulent pas des interactions communautaires », renchérit-il.

Les Burundais demandent au gouvernement ougandais et au HCR d’intervenir pour baisser la tension, sinon, « il suffirait d’une étincelle pour que le pire se produise ».

Nakivale compte plus de 140,000 occupants dont plus de 33,000 réfugiés burundais et plus de 15,000 Rwandais.

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Une partie du camp de Nakivale en Ouganda où les communautés burundaise et rwandaise se regardent en chien de faïence ( SOS Médias Burundi)

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