Crise-carburant : les Burundais soumis à des conditions fantaisistes
Les Burundais continuent de faire face aux conséquences de la crise-carburant qui secoue ce pays depuis bientôt 47 mois. Les autorités de la petite nation de l’Afrique de l’est qui n’ont plus de solution à proposer, préfèrent prendre des mesures fantaisistes pour maintenir les gens dans l’éternel espoir. (SOS Médias Burundi)
Récemment, les autorités burundaises ont mis en place un nouveau système d’approvisionnement en carburant. Il se fait moyennant la souscription à une application dénommée « IGITORO Pass V 1.0 ».
Dans un communiqué du 12 novembre dernier, le Directeur Général de la SOPEBU (Société Pétrolière du Burundi), a annoncé que dans le cadre de la digitalisation de la gestion du carburant, sa société actualise les quotas à octroyer aux individus et entités par semaine. Le téléphone portable sert d’outil désormais pour l’achat du carburant une ou deux fois par semaine. Cela se fait selon un jour bien déterminé et selon la plaque d’immatriculation de l’automobile.
A travers ce document, l’on peut voir le schéma tracé pour servir le carburant : le lundi, le mardi et le vendredi, ce sont les propriétaires dont le dernier chiffre de la plaque est 0,1 et 2 qui sont servis. Le mercredi et le samedi, les véhicules qui sont reçus aux stations-services ont le dernier numéro de la plaque qui est soit 3,4 ou 5. Le jeudi et le dimanche, les véhicules privilégiés ont comme dernier numéro de la plaque 6,7,8 et 9.
C’est à la pompe que les propriétaires de véhicules sont informés des quotas. Les quotas diffèrent d’une voiture à une autre. Pour les véhicules qui n’assurent pas le transport rémunéré, aucun ne peut dépasser 120 litres par semaine. La quantité est délivrée en deux temps dans une semaine.
« La plupart des fois, la pompe se vide sans que nous soyons servis alors que c’était notre jour de rendez-vous. Et si le jour passe, nous sommes rayés de la liste », témoigne avec désespoir un homme rencontré à une station-service dans la ville commerciale Bujumbura.

L’autre problème survient quand la quantité demandée n’est pas totalement donnée parce que la voiture est déjà pleine. Les quelques litres qui restent lors du premier tour ne sont pas remis après.
« On nous répond souvent à la pompe que ce qui est écrit doit être respecté comme tel. Les pompistes lisent seulement le contenu des messages transmis par les agents de la SOPEBU », dit un autre chauffeur qui se demande le sort des quantités restantes sur les stations.
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Au moment où l’essence peut être disponible sur certaines stations-services difficilement, les très rares quantités de mazout que l’on peut retrouver, sont réservés à des bus effectuant le transport en commun et aux véhicules affectés au charroi des hautes autorités seulement, la première catégorie n’arrivant jamais à être satisfaite, ce qui paralyse le transport public au Burundi.
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Photo : des centaines de passagers dont des femmes attendent un bus durant plusieurs heures, en vain, sur le parking desservant le nord de la ville commerciale Bujumbura, le 9 juillet 2024 © SOS Médias Burundi
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