Rumonge : les conducteurs de transport en commun réclament une hausse des tariffs

Rumonge : les conducteurs de transport en commun réclament une hausse des tariffs

Dans la province de Rumonge, située dans le sud-ouest du Burundi, les conducteurs de bus et de taxis plaident pour une augmentation des tarifs de transport. Selon eux, la pénurie prolongée de carburant les contraint à travailler à perte. (SOS Médias Burundi)

Les propriétaires de véhicules de transport en commun dénoncent les lourdes pertes qu’ils subissent en raison de cette situation. « Les véhicules de transport sont extrêmement coûteux. Un bus coûte environ 210 millions de francs burundais, sans compter les frais de dédouanement. Quant aux pièces de rechange, leurs prix augmentent chaque jour », explique l’un d’eux.

Les charges liées à l’exploitation de ces véhicules ne cessent d’augmenter. « Les frais des documents administratifs ont été sensiblement revus à la hausse. De plus, un bidon de 20 litres de mazout acheté sur le marché noir coûte plus de 400 000 francs », ajoute le transporteur. Officiellement, il s’achète à 80.000 francs.
Ces coûts exorbitants justifient, selon eux, la nécessité d’une révision des tarifs de transport.

Une demande adressée au gouvernement

Les conducteurs demandent au gouvernement d’adapter le prix des tickets de transport à la situation actuelle. Ils considèrent que les tarifs fixés officiellement ne reflètent plus la réalité du terrain, notamment en raison de la flambée des prix du carburant sur le marché noir.

Cependant, les autorités administrative et policière de Rumonge menacent de sanctionner les transporteurs qui dépassent les tarifs officiels. Des amendes allant de 100.000 à 500.000 francs sont régulièrement infligées à ceux qui pratiquent des prix jugés excessifs. Cette situation exacerbe les tensions entre les transporteurs et les autorités locales.

La réalité de la pénurie de carburant

Pour les conducteurs, il est impossible de respecter les tarifs officiels tant que la pénurie de carburant persiste. « Nous achetons le carburant sur le marché noir, où un litre et demi d’essence ou de mazout coûte entre 35 000 et 40 000 francs », expliquent-ils.

Les commerçants qui introduisent du carburant de manière clandestine sont qualifiés de criminels par les autorités, qui les accusent de nuire à l’économie nationale. Lors de son discours de fin d’année 2024, le président Évariste Ndayishimiye a autorisé les autorités administrative, policière et judiciaire à traiter ces fraudeurs avec la plus grande sévérité.

Des mesures contestées

Le président estime que la répression est la meilleure stratégie pour enrayer la fraude de carburant. Cependant, les transporteurs considèrent que cette approche est inefficace tant que la pénurie persiste. Ils appellent à une solution durable qui tienne compte des réalités économiques et sociales auxquelles ils sont confrontés.

LIRE AUSSI :

La crise du carburant continue de mettre à rude épreuve le secteur des transports, avec des conséquences économiques et sociales importantes pour les transporteurs et leurs clients.

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Photo : des passagers attendent un bus sur le parking principal au chef-lieu de Rumonge dans le sud-ouest du Burundi © SOS Médias Burundi

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