Burundi : une ONG locale préoccupée par le refoulement de Burundais par les USA
L’Observatoire national pour la lutte contre la criminalité transnationale « ONLCT où est ton frère ? » dit être choquée d’entendre que plus de 400 Burundais résidant illégalement sur le sol américain figurent sur la liste de personnes qui seront expulsées. Cette organisation dit que onze d’entre eux ont déjà été renvoyés au Kenya où ils sont en train d’être interrogés. Ils auraient utilisé des passeports kényans pour se rendre aux États-Unis. Le ministre burundais en charge des affaires étrangères a annoncé au début du mois que les autorités burundaises vont « naturellement coopérer ». (SOS Médias Burundi)
Le président américain Donald Trump qui brigue un second mandat, a annoncé la plus grande opération de déportation des États-Unis. Selon les estimations des services de l’immigration américaine, entre 11 et 13 millions de personnes sans statut légal devraient être expulsées. Au moins 462 ressortissants burundais sont concernés par cette mesure de déportation de masse. L’ONLCT où ton frère?, affirme avoir mené des enquêtes dans ce sens et découvert que « certains Burundais sont arrivés au Kenya avec des passeports burundais avant de débarquer aux États-Unis avec des documents de voyage de ce pays ».
Cette situation devient préoccupante selon Prime Mbarubukeye, président de cette organisation. Il demande à cet effet au gouvernement du Burundi de suivre de près ce dossier pour un traitement digne de la personne humaine afin d’éviter d’autres conséquences.
M. Mbarubukeye propose également aux pays de la Communauté Est-Africaine, EAC, de « mettre en place une coalition régionale permanente de prévention et de lutte contre le trafic des êtres humains ».
Position des autorités burundaises
Lors de la présentation des réalisations de son ministère en date du 3 février 2025 comptant pour le dernier trimestre de l’an 2024, le ministre burundais en charge des affaires étrangères, a déclaré avoir discuté de ce sujet avec l’ambassadrice des États-Unis au Burundi.
« Je lui ai dit que le gouvernement burundais va tout naturellement coopéerer, mais qu’il faut respecter les droits de ces Burundais qui rentrent », a annoncé Albert Shingiro.
« C’est tout à fait normal qu’un pays décide souverainement d’expulser des étrangers qui n’ont pas de papiers », a ajouté M.Shingiro qui estime qu’il faut respecter la souveraineté d’autres pays.
« Le Burundi est prêt à accueillir ceux qui reviennent », a conclu le chef de la diplomatie burundaise.
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Photo : un agent de l’organe en charge de l’application de la loi en matière d’immigration et de douanes sur le terrain aux États-Unis, crédit photo : AP
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