Burundi : les journalistes affûtent leurs plumes pour des élections sous haute tension

Burundi : les journalistes affûtent leurs plumes pour des élections sous haute tension

SOS Médias Burundi

Ngozi, 5 mai 2025- À l’approche des législatives et communales de juin 2025, les journalistes burundais se préparent à affronter les défis d’une couverture électorale à la fois rigoureuse, responsable et sécurisée. En mars et avril, des sessions de formation ont été organisées dans les provinces de Gitega et de Ngozi pour renforcer leurs compétences face à un contexte politique sensible.

Appuyée par les institutions nationales de régulation des médias, cette formation a porté sur les bonnes pratiques journalistiques en période électorale, l’éthique professionnelle, la vérification des faits et surtout la sécurité des journalistes sur le terrain.

Parmi les intervenants, Jacques Bukuru, journaliste à la Radio nationale du Burundi et vétéran de la synergie des médias, a partagé ses expériences des scrutins précédents et appelé à une coordination efficace entre terrain et rédaction centrale. Francine Ndihokubwayo, de la Radio Télévision Isanganiro, a insisté sur l’exigence de fiabilité et d’équilibre dans le traitement de l’information, rappelant que « le journaliste doit avant tout penser à sa propre sécurité. Un journaliste ne peut faire son travail que s’il est vivant. »

Des leçons tirées des scrutins précédents

Les journalistes ayant couvert les élections de 2005, 2010, 2015 et 2020 ont évoqué l’importance de la synergie des médias dans la diffusion d’informations rapides et coordonnées, tout en soulignant les conditions difficiles, notamment les déplacements nocturnes et les zones sensibles.

Des défis structurels et logistiques

Parmi les préoccupations majeures : l’insécurité lors des veillées électorales, les longues heures de dépouillement, mais aussi la pénurie de carburant entravant les déplacements. À cela s’ajoute la récente réforme administrative, qui réduit le nombre de provinces de 18 à 5, compliquant la couverture territoriale.

Espérance Ndayizeye, présidente du Conseil National de la Communication (CNC), a reconnu ces défis et promis l’appui logistique du gouvernement. Elle a par ailleurs exhorté les journalistes à faire preuve de neutralité, d’assiduité et de professionnalisme tout au long du processus électoral.

Un engagement clair pour une presse responsable

Cette session de renforcement de capacités marque un pas important vers une couverture électorale crédible, équilibrée et respectueuse de l’éthique. Dans la petite nation de l’Afrique de l’Est, où le rôle des médias reste central dans la construction démocratique, les journalistes entendent jouer leur partition avec responsabilité.

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Photo : des journalistes burundais en train d’interviewer un artiste dans la capitale politique Gitega, crédit photo : Jean Pierre Aimé Harerimana

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