Mutwana : accusations d’exclusion et de pressions politiques avant les élections collinaires

Mutwana : accusations d’exclusion et de pressions politiques avant les élections collinaires

SOS Médias Burundi

À Mutwana, dans la province de Rutana, des candidats aux élections collinaires affirment avoir été écartés sous pression du parti au pouvoir. Tandis que les autorités locales du CNDD-FDD sont accusées de verrouiller le scrutin, des voix s’élèvent pour dénoncer une dérive plus large du processus électoral au Burundi.

À quelques jours des élections des conseillers collinaires sur la colline Mutwana, dans la zone Butezi de la commune Giharo (province Rutana, sud-est du Burundi), les tensions montent. Quatre candidats dénoncent leur exclusion qu’ils jugent arbitraire, attribuant cette mise à l’écart à des pressions émanant de responsables influents du parti au pouvoir, le CNDD-FDD.

Candidatures écartées

Les personnes concernées sont :

  • Côme Binamungu
  • Zabulon Nyandwi
  • Gloriose Nahimana
  • Nathanaël

Selon eux, leurs candidatures avaient été introduites dans le respect des procédures légales. Toutefois, d’après plusieurs sources locales, des cadres du CNDD-FDD auraient exercé des pressions sur la Commission Électorale Communale Indépendante (CECI) de Musongati pour qu’elles soient retirées.

Les personnalités mises en cause incluent :

  • Bernard Ntirandekura, représentant du CNDD-FDD sur Mutwana
  • Cyriaque Komezurugendo, représentant dans la zone Butezi
  • Rénovat Hakizimana, représentant dans la commune Giharo
  • Sylvain Nzikoruriho, représentant au niveau provincial
  • Vincent Nemerimana, chef de colline de Mutwana et tête de liste du CNDD-FDD

Une élection jouée d’avance ?

Des propos rapportés par des témoins renforcent les soupçons d’une élection verrouillée. « On ira simplement lire la liste, pas besoin de voter. Les jeux sont déjà faits », auraient déclaré certains membres du parti. Ces affirmations mettent à mal la transparence du processus électoral.

Les candidats écartés sont accusés de ne pas être membres du CNDD-FDD, mais plutôt d’appartenir à d’autres formations politiques, notamment l’UPRONA. D’après certaines autorités locales, seuls des Bagumyabanga (membres du CNDD-FDD) seraient jugés aptes à diriger les collines, ce qui justifierait à leurs yeux ces exclusions.

Critères appliqués de manière sélective

Outre leur éviction, les candidats dénoncent une application inégale des critères de validation. Des documents exigés aux candidats issus de l’opposition ne seraient pas réclamés à ceux du CNDD-FDD, créant ainsi un climat de discrimination politique.

Ce traitement inéquitable alimente l’inquiétude chez les habitants de Mutwana, certains appelant à la réintégration des quatre candidats pour garantir des élections libres et équitables.

Un phénomène national ?

D’après des militants du CNDD-FDD eux-mêmes, ce type d’exclusion ne serait pas limité à Mutwana. Des cas similaires seraient rapportés dans d’autres communes, où des candidats considérés comme hostiles au parti au pouvoir seraient systématiquement écartés. Cette tendance soulève des inquiétudes quant à l’équité et à la crédibilité du processus électoral à l’échelle nationale.

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Photo : Des résidents participent au vote des députés et des conseillers communaux dans la province de Rutana, au sud-est du Burundi, le 5 juin 2025. © SOS Médias Burundi

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