Gitega : la province minée par la violence et les exécutions sommaires

Gitega : la province minée par la violence et les exécutions sommaires

Bujumbura, 2 septembre 2025 — La province de Gitega, autrefois un havre de paix relatif, est aujourd’hui secouée par une vague de violences inquiétantes. Ce mardi 2 septembre, deux personnes ont été tuées en l’espace de quelques heures dans la province, suscitant émotion et colère parmi la population.

La première victime, Remegie Murekambanze, a été abattue vers 17h30 sur la sous-colline Nyabisaka, colline Ntobwe, zone Mungwa, par un agent de la PNB (Police nationale du Burundi). Selon plusieurs témoins, le policier Élie Butoyi aurait tiré à plus de vingt reprises sur la victime, qui aurait résisté lors de son transfert vers les cachots de la police à Mungwa. Grièvement blessé, Remegie a succombé peu après son admission au service des urgences de l’hôpital régional de Gitega. Le chef de colline Ntobwe, Sylvestre Niyonkuru, a confirmé l’incident, qui a provoqué une vive indignation locale. La population réclame que le policier soit jugé en flagrance.

Plus tôt dans la matinée, un autre drame a été signalé dans le quartier Shatanya. Le corps sans vie d’un homme, identifié comme Jean Marie, âgé d’une trentaine d’années, a été retrouvé sur le terrain de football du quartier. Originaire de la colline Nyamagana en commune Bugendana, Jean Marie travaillait comme veilleur dans une pharmacie située en face du bâtiment Kombokombo. Selon des habitants, il aurait été tué en tentant de s’opposer à des bandits présumés avant que son corps ne soit abandonné sur le terrain. La police a confirmé l’information et a ouvert une enquête. La dépouille a été transférée à la morgue de l’hôpital régional de Gitega.

Si aucune réponse claire n’est apportée par les autorités, le risque est grand de voir la violence s’enraciner dans le quotidien des habitants de Gitega. Entre règlements de comptes déguisés en suicides et exécutions sommaires de présumés voleurs, le tissu social menace de se déchirer. Jadis relativement paisible, la province semble aujourd’hui glisser vers une normalisation de la brutalité — une évolution que beaucoup redoutent et que seul un sursaut de l’État pourrait encore enrayer.

Depuis juin 2025, SOS Médias Burundi a déjà recensé plus de 35 personnes tuées dans des circonstances obscures, avec des corps retrouvés pendus à des arbres, dans leurs maisons ou allongés dans les rivières, renforçant la peur et la colère dans la population.

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Photo : le corps de l’une des victimes du 2 septembre, allongé à côté d’un sentier à Gitega. © SOS Médias Burundi

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