Sud-Kivu : la FDNB renforce ses positions face au M23 et à ses alliés Twirwaneho

Sud-Kivu : la FDNB renforce ses positions face au M23 et à ses alliés Twirwaneho

SOS Médias Burundi

Bukavu, 16 octobre 2025 – Malgré la signature, le 14 octobre dernier à Doha, d’un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle M23, la tension reste vive dans l’est de la République démocratique du Congo. Des unités de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) poursuivent un déploiement massif dans plusieurs zones stratégiques du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira.

Depuis plusieurs jours, des convois militaires venus du Burundi ont été signalés dans les localités de Kitoga, Muhuzi et dans la dense forêt d’Itombwe. D’importants renforts ont également été observés à Minembwe, Mikalati, Kipupu et au Point Zéro, dans le territoire de Fizi. Ces mouvements interviennent alors que les rebelles du M23, qui contrôlent Bukavu depuis le début de l’année, étendent leur présence vers d’autres localités du Sud-Kivu.

Selon plusieurs sources locales à Lemera et Muhuzi, la FDNB cherche à anticiper toute offensive rebelle et à contenir une éventuelle progression du M23 vers Uvira, ville stratégique proche de la frontière burundaise.

« Les soldats burundais veulent attaquer Twirwaneho à Mikenge. Des sources parmi les Wazalendo nous ont dit qu’une attaque est imminente », témoigne un habitant joint depuis Fizi.

D’après les informations recueillies par SOS Médias Burundi, environ 10 000 militaires burundais ont été déployés en RDC pour combattre aux côtés des FARDC, l’armée loyaliste congolaise, et des milices Wazalendo soutenues par Kinshasa. L’objectif affiché : affaiblir le M23, un groupe armé affilié à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement politico-militaire hostile au régime de Félix Tshisekedi.

Le M23, composé en majorité d’anciens rebelles tutsis, a repris les armes fin 2021, accusant le gouvernement congolais de n’avoir pas respecté les engagements de réinsertion prévus dans les accords de paix. Depuis, ses combattants contrôlent plusieurs localités stratégiques et riches en minerais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que les chefs-lieux des deux provinces.

Dans la région, un autre acteur armé attire également l’attention : Twirwaneho, un groupe armé composé principalement de membres de la communauté Banyamulenge. Actif dans le Sud-Kivu, Twirwaneho est considéré comme allié du M23, avec lequel il coopère militairement dans plusieurs zones montagneuses, notamment autour de Minembwe et Mikenge.

Les gouvernements congolais et burundais accusent le président rwandais Paul Kagame de soutenir militairement le M23 et de chercher à « déstabiliser la sous-région », des accusations que Kigali rejette. Le chef de l’État rwandais reproche pour sa part à ses homologues d’entretenir et d’armer les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), groupe accusé d’avoir participé au génocide contre les Tutsis en 1994.

Dans un communiqué publié le 10 octobre, les FARDC ont appelé les combattants des FDLR à déposer les armes et à se rendre aux autorités rwandaises ou à la MONUSCO, la mission onusienne déployée en RDC.

Sur le terrain, cependant, les mouvements de troupes se multiplient et la peur grandit parmi les populations civiles. Entre les forces burundaises, les FARDC, le M23, les combattants-Twirwaneho et les Wazalendo, la guerre des positions semble loin d’être terminée, malgré les engagements diplomatiques de Doha.

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Photo : arrivée des premiers militaires burundais à l’aéroport de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC. Ce site stratégique a été repris par les rebelles du M23 en janvier 2025. © SOS Médias Burundi

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