Ruzizi : deux morts de plus, victimes du chaos migratoire entre le Burundi et la RDC
Burundi, 20 novembre 2025 — La spirale des traversées clandestines entre le Burundi et la RDC continue de faire des victimes. Deux personnes parties de Bujumbura ont été retrouvées mortes ce mercredi 19 novembre 2025 dans la rivière Ruzizi, à la frontière entre les deux pays. Ce drame s’ajoute à une longue série d’incidents mortels qui illustrent le chaos migratoire persistant, alimenté par les restrictions de circulation, l’insécurité et la fermeture de plusieurs points frontaliers officiels.
Deux corps sans vie ont été découverts vers 13 heures près de la rivière Ruzizi, dans la cité de Kamanyola, au Sud-Kivu. La macabre découverte a été faite par des habitants vivant à proximité de la rivière.
Selon plusieurs témoins, les deux victimes auraient quitté Bujumbura, la capitale économique du Burundi avec l’intention de traverser clandestinement la frontière en longeant la Ruzizi. Les motivations exactes de leur tentative restent inconnues, mais les riverains affirment que ces traversées risquées se multiplient depuis le durcissement des restrictions migratoires et la fermeture de plusieurs postes frontaliers.
D’après les premières informations recueillies, il s’agirait d’une femme congolaise et d’un homme burundais qui l’accompagnait pour faciliter son passage. Ils auraient tenté de rejoindre Kamanyola avant de poursuivre vers Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, actuellement sous contrôle des rebelles du M23 — une ancienne rébellion tutsie ayant repris les armes fin 2021, accusant Kinshasa de ne pas avoir respecté les engagements liés à leur réinsertion.
« Aujourd’hui, nous, Congolais, avons l’impression d’être traités comme une marchandise dans les démarches migratoires », témoigne un Congolais vivant à Bujumbura, sous anonymat. « Pour aller à Bukavu ou à Goma, il faut payer 50 dollars pour obtenir un tenant-lieu de passe à l’ambassade, puis faire un long détour par la Tanzanie et le Rwanda. C’est devenu très compliqué depuis la fermeture de la route Uvira–Bukavu à cause de la guerre entre le M23 et l’armée congolaise. Avant, on passait facilement par Kavimvira ou Ruzizi pour rejoindre Bukavu ou Goma. »
Très affecté par la mort de la jeune femme, le témoin poursuit :
« Nous venons de perdre une sœur parce qu’elle n’a pas pu emprunter une voie légale. J’appelle vraiment nos compatriotes à utiliser les voies officielles. Aucune urgence ne vaut la peine de risquer sa vie. »
Ce drame n’est malheureusement pas isolé. Des noyades sont régulièrement signalées sur cet axe frontalier, la rivière Ruzizi étant connue pour ses courants extrêmement dangereux. Par ailleurs, des habitants affirment que certains voyageurs disparaissent ou sont victimes d’agressions lors de tentatives de passage clandestin. Des allégations récurrentes évoquent également des attaques perpétrées par des individus armés, aussi bien du côté burundais que du côté congolais.
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Photo : le poste-frontière de Kamanyola, dernière étape avant le passage dangereux vers la RDC, où deux victimes ont perdu la vie en tentant de franchir la rivière Rusizi. © SOS Médias Burundi
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