Nduta (Tanzanie) : plus de deux cents réfugiés burundais contraints de rentrer chez eux
SOS Médias Burundi
Kigoma, 29 novembre 2025 — Plus de deux cents réfugiés burundais du camp de Nduta, dans le nord-ouest de la Tanzanie, se retrouvent sans abris et contraints de rentrer dans leurs localités d’origine. Leurs maisons, détruites par les pluies torrentielles d’octobre dernier, n’ont pas été reconstruites malgré les promesses de l’administration du camp, qui refuse actuellement tout projet de réhabilitation.
Les réfugiés, qui espéraient voir leurs habitations restaurées, ont dû se réfugier dans des écoles, hangars et églises, tandis que le camp, abritant plus de 58.000 personnes, se détériore progressivement. Selon les autorités, le site n’est plus destiné à la reconstruction et les habitants doivent retourner chez eux pour construire des maisons en dur.
Le président du camp de Nduta, représentant du ministère de l’Intérieur, a expliqué :
« Le camp n’est plus destiné à la reconstruction. Il se détériore petit à petit et pourrait s’effondrer d’ici mars prochain. Ces réfugiés doivent donc rentrer pour construire leurs maisons en dur dans leurs localités d’origine. »
Pour les réfugiés et la communauté burundaise, cette mesure est perçue comme coercitive et injuste.
« C’est une violation flagrante de nos droits fondamentaux à la survie. Aujourd’hui, ils nous refusent le logement ; demain, ils pourraient nous refuser la nourriture. Nous devrions bénéficier de protection jusqu’au dernier jour », dénonce un réfugié.
Un leader communautaire ajoute :
« Là où nous dormons, presque à la belle étoile, nous sommes exposés au froid et à toutes les difficultés. Nous manquons presque de tout et notre situation est intenable. »
Dans le camp, la pression pour le rapatriement forcé s’intensifie. Toute infraction, sortie non autorisée ou absence à une réunion peut entraîner la démolition immédiate de sa maison et l’enregistrement forcé du retour.
Le camp de Nduta continue d’abriter plus de 58.000 réfugiés burundais, confrontés à la famine et au manque de ressources, tandis que l’incertitude et la précarité continuent de peser lourdement sur la population.
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Photo d’archives : un jeune garçon issu d’une famille de réfugiés burundais se tient devant la maison de ses parents au camp de Nduta, novembre 2023. © SOS Médias Burundi
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