Mabanda – Après l’agression d’une vendeuse : libération controversée de membres du CNDD-FDD, la population exige des sanctions exemplaires
SOS Médias Burundi
Burunga, 20 décembre 2025 – À Mabanda, en commune Nyanza dans la province de Burunga au sud du Burundi, la colère ne retombe pas après la violente agression d’une vendeuse de patates douces, connue comme Kabura. Bien que celle-ci soit aujourd’hui rétablie après plusieurs jours d’hospitalisation au centre de Rusenyi, les habitants dénoncent la libération rapide des deux suspects, tous deux affiliés au parti au pouvoir.
Les faits se sont déroulés le vendredi 5 décembre dernier sur le marché communal de Mabanda. Selon des témoins, Kabura avait refusé de céder sa marchandise à des commissionnaires qui lui proposaient un prix jugé dérisoire. Face à son refus, la discussion aurait dégénéré en violence.
Les agresseurs présumés sont identifiés comme Emmanuel Niyomwungere, responsable du marché et militant du CNDD-FDD, ainsi que le gardien du marché, membre de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, les Imbonerakure. Plusieurs témoins affirment que les deux hommes ont violemment frappé la vendeuse devant des clients avant de la jeter dans un caniveau.
Alertées par la population, les forces de l’ordre étaient intervenues le jour même et avaient interpellé les deux hommes. Mais, selon des habitants, ils auraient été relâchés quelques jours plus tard au commissariat communal de Mabanda, un fait qui alimente un profond sentiment d’impunité.
Pour les commerçants, cette situation remet en cause leur droit fondamental de vendre leurs produits librement. « Si des responsables du marché peuvent agresser une vendeuse et sortir libres, que va-t-il nous arriver demain ? », s’inquiète un vendeur.
Une tentative de règlement à l’amiable serait en cours entre les deux parties. Mais la population rejette cette voie et demande que la justice agisse sans parti pris. Selon elle, laisser les auteurs présumés sans sanction exemplaire envoie un mauvais message, susceptible d’encourager d’autres violences sur les marchés burundais.
La population locale appelle les autorités policières et judiciaires à agir rapidement et sans complaisance. Pour les habitants, ce dossier doit devenir un signal fort dans la lutte contre l’impunité, surtout lorsque des membres du parti au pouvoir sont impliqués dans des violences contre des citoyens ordinaires.
À Mabanda, on redoute désormais que ce type d’agression ne se répète ailleurs si aucune mesure exemplaire n’est prise. « Nous voulons un procès public pour montrer que la loi protège tout le monde, même contre les puissants », témoigne un autre vendeur.
Les commerçants demandent enfin que le marché de Mabanda redevienne un espace sécurisé, où chacun peut vendre librement sa production sans craindre de pressions politiques ou de violences. La population prévient : sans justice véritable, la confiance envers les institutions continuera de s’effriter.
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Photo : une vendeuse dans un marché de Burunga. À Mabanda, une commerçante a été agressée violemment après avoir refusé de céder ses marchandises 2025 © SOS Médias Burundi
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