Climat de terreur au Burundi : Vianney Ndayisaba échappe à des hommes armés après ses dénonciations
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 6 janvier 2026 – Menacé en raison de ses dénonciations sur la corruption, le trafic humain et les abus de pouvoir, Vianney Ndayisaba, président de l’Association de Lutte contre le Chômage et la Torture (ALUCHOTO), a échappé de justesse à une tentative d’enlèvement dans la nuit de dimanche à Maramvya, commune Ntahangwa, province de Bujumbura, à la périphérie de la capitale économique Bujumbura.
Dans un entretien téléphonique accordé à SOS Médias Burundi, Ndayisaba a expliqué qu’il reçoit de plus en plus de menaces depuis son intervention lors de l’émission publique animée par le président Évariste Ndayishimiye le 26 décembre 2025 à Muramvya, dans le centre du Burundi. Selon lui, ces menaces sont directement liées à ses révélations : envoi de femmes et filles burundaises vers les pays du Golfe avec la complicité présumée de hauts responsables sécuritaires et fonctionnaires, abus et mauvaise gouvernance imputés à certains responsables et fonctionnaires du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, spoliation des terres et trafic humain.
« Je reçois beaucoup de messages menaçants me demandant d’arrêter de dénoncer ce qui ne va pas dans le pays. Je vous jure que je n’ai pas peur de continuer à défendre les droits humains », déclare Ndayisaba.
Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, il a précisé qu’un pick-up blanc, sans immatriculation, transportant cinq hommes en tenue policière et armés de pistolets, avait été aperçu à proximité de son domicile. L’un des hommes, muni d’un pistolet et d’une radio Motorola, lui aurait demandé s’il s’agissait bien de lui.
Ces derniers mois, l’ALUCHOTO a multiplié ses dénonciations, renforçant son image dans un pays où les voix critiques se font rares. Depuis la crise de 2015, déclenchée par le mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza, la majorité des organisations indépendantes ont été radiées et de nombreux activistes poussés à l’exil. Plusieurs ont été condamnés par contumace à de lourdes peines allant jusqu’à la perpétuité, des jugements dénoncés par des organisations internationales de défense des droits humains.
Ndayisaba affirme avoir déjà saisi les instances compétentes afin que sa sécurité soit garantie, précisant qu’il sait d’où proviennent ces menaces. Il appelle le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer sa protection et lui permettre de poursuivre sereinement son engagement pour la défense des droits humains.
Cet incident souligne la fragilité des voix critiques au Burundi et le climat de menace pesant sur les activistes. La sécurité de Vianney Ndayisaba devient un symbole du combat pour les droits humains dans un pays où dénoncer la corruption et les abus reste dangereux. La communauté internationale observe, et la protection des défenseurs des droits humains demeure plus que jamais un enjeu crucial.
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Photo : Vianney Ndayisaba, symbole de la lutte pour les droits humains au Burundi, échappe à des hommes armés à Bujumbura. © DR/SOS Médias Burundi
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