Sud-Kivu : nouveaux affrontements meurtriers entre les miliciens Wazalendo et le M23 dans la plaine de la Ruzizi
SOS Médias Burundi
Bukavu, 7 mai 2026 –De violents combats ont éclaté mercredi 6 mai dans la localité de Kigurwe, dans le territoire d’Uvira, faisant plusieurs morts parmi les miliciens Wazalendo, selon des sources concordantes. Les violences s’inscrivent dans la poursuite des affrontements entre les miliciens Wazalendo et les rebelles du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.
Des combats violents ont opposé, ce mercredi 6 mai 2026, les miliciens Wazalendo aux rebelles du M23 à Kigurwe, une localité située dans la plaine de la Ruzizi, à environ 7 kilomètres du centre de Sange, dans le territoire d’Uvira (Sud-Kivu).
Selon plusieurs sources concordantes, ces affrontements ont causé la mort de plus d’une dizaine de miliciens Wazalendo. Certaines informations avancent même un bilan dépassant la vingtaine de victimes parmi les miliciens Wazalendo.
Les miliciens Wazalendo affirment avoir lancé une offensive contre les positions du M23 et soutiennent avoir réussi à les déloger de Kigurwe. Toutefois, des témoignages recueillis auprès d’habitants de la zone contredisent cette version. D’après ces derniers, le M23 garderait le contrôle de la localité après les combats.
Parmi les victimes figureraient plusieurs combattants influents des miliciens Wazalendo, dont le colonel David, présenté comme adjoint du général autoproclamé Kamama. Sa mort aurait été confirmée par les miliciens Wazalendo eux-mêmes, qui reconnaissent également l’ampleur des pertes subies lors de ces affrontements.
La situation reste confuse sur le terrain, et aucun bilan officiel indépendant n’a encore été publié. Ces nouveaux combats illustrent la persistance de l’insécurité dans la plaine de la Ruzizi, où les affrontements entre les miliciens Wazalendo et les rebelles du M23 continuent de faire des victimes civiles et militaires.
Les miliciens Wazalendo sont des groupes armés locaux soutenus par Kinshasa. Dans cette région, ils sont de plus en plus engagés aux côtés des forces gouvernementales face aux rebelles du M23, tandis que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) restent en appui dans un contexte sécuritaire fragmenté. Ils bénéficient également d’un appui militaire burundais dans le cadre d’une coopération bilatérale entre le Burundi et la RDC.
Depuis début 2025, les rebelles du M23 ont récupéré plusieurs zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris leurs chefs-lieux respectifs Goma et Bukavu, ainsi que le site minier de Rubaya, l’un des plus importants gisements de coltan au monde, fournissant une part significative du tantale mondial utilisé dans l’industrie électronique et les nouvelles technologies.

Réactivé en 2021, le M23 est une ancienne rébellion tutsi ayant repris les armes, accusant les autorités congolaises de ne pas avoir respecté leurs engagements de réinsertion. Il est désormais intégré à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La coalition plaide pour l’instauration d’un État fédéral en RDC.
Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir les rebelles, des allégations que Kigali rejette, malgré un rapport d’experts des Nations unies évoquant le déploiement de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés du M23. De son côté, le Rwanda reproche au Burundi et à la RDC leur soutien aux FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994.
Le Burundi a déployé plus de 29 000 soldats dans l’est congolais entre août 2022 et décembre 2025, selon un rapport interne du ministère congolais de l’Intérieur et de la Sécurité consulté par SOS Médias Burundi en décembre 2025.
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent malgré plusieurs accords signés, dont celui de Washington du 4 décembre 2025 entre le Rwanda et la RDC, le Burundi y ayant été représenté par le président Évariste Ndayishimiye en tant qu’observateur.
Dans ce contexte, plusieurs milliers de civils continuent de fuir vers les pays voisins, tandis que d’autres restent piégés dans des zones où l’assistance humanitaire peine à parvenir.
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Photo : des miliciens locaux attaquent le M23 à Bashali dans le Nord-Kivu © SOS Médias Burundi
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