Nakivale (Ouganda) : plusieurs cas de trafic humain signalés, des mineurs au cœur d’un réseau présumé

Nakivale (Ouganda) : plusieurs cas de trafic humain signalés, des mineurs au cœur d’un réseau présumé

SOS Médias Burundi

Nakivale, 13 mai 2026 — Au moins onze cas de « trafic d’enfants mineurs » ont été recensés en l’espace de quelques semaines dans le village de Kabazana, le plus peuplé du camp de réfugiés de Nakivale, dans le sud-ouest de l’Ouganda. Les autorités locales évoquent une situation préoccupante et annoncent des enquêtes, tandis que plusieurs suspects ont déjà été arrêtés et traduits en justice.

Les victimes présumées sont des enfants âgés de 12 à 16 ans, principalement issus de familles réfugiées. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces mineurs seraient « recrutés » et envoyés vers différentes régions de l’Ouganda, voire à l’étranger, notamment au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda, sous prétexte de recherche de travail.

Au village de Kabazana, situé au centre urbain du camp de Nakivale, onze cas ont été signalés à la police en moins d’un mois.

Des familles sans nouvelles de leurs enfants

« Mon fils est parti il y a deux semaines. Il a 15 ans. Il a dit à ses frères qu’il allait chercher du travail. On ne sait pas où exactement. Lui-même ne savait pas, sauf qu’il avait une promesse et un guide. Depuis, nous n’avons plus de nouvelles et nous sommes très inquiets », témoigne une réfugiée burundaise qui a saisi la police.

Un suspect arrêté et des complicités évoquées

L’un des présumés « guides » a été interpellé par la police. Il est soupçonné de trafic humain impliquant deux mineurs. Selon des sources judiciaires, son dossier a été rapidement constitué avant son transfert en détention.

Lors de son interrogatoire, le suspect aurait évoqué l’existence de complicités à l’intérieur et à l’extérieur du camp, selon des informations recueillies sur place.

Les autorités appellent à la vigilance

La police et l’administration du camp ont lancé des investigations de grande envergure et appellent les familles à signaler toute disparition suspecte.

Les autorités rappellent également que toute personne ayant perdu le contact avec un mineur parti « au travail » doit immédiatement alerter les services compétents.

Selon la police, la pauvreté et les conditions de vie difficiles dans le camp constituent les principales causes de ce phénomène, poussant certains jeunes et familles à accepter des propositions risquées.

Des mesures de prévention renforcées

Des mesures de sécurité ont été mises en place pour tenter de freiner ces départs suspects. Aucun mineur n’est autorisé à quitter le camp seul sans autorisation parentale ou tutélaire. Des opérations de contrôle sont également menées régulièrement dans les zones environnantes.

Cependant, les autorités reconnaissent la difficulté de contrôler totalement les mouvements dans un camp ouvert et non clôturé, favorisant l’intégration sociale mais aussi la circulation non encadrée.

Un camp vaste et difficile à sécuriser

Nakivale est considéré comme l’un des plus grands camps de réfugiés de la région, avec plus de 150.000 réfugiés issus de plus d’une dizaine de nationalités. La communauté burundaise y est estimée à plus de 33.000 personnes.

Le camp est situé dans le district d’Isingiro, une zone frontalière proche de la Tanzanie, connue pour son activité agricole importante, notamment la production de bananes (matooke), de café et l’élevage bovin. Cette dynamique économique attire également des travailleurs clandestins, compliquant davantage le contrôle des mouvements de population.

Les autorités locales poursuivent leurs investigations afin de démanteler ce qui pourrait être un réseau organisé de trafic humain opérant dans et autour du camp.

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Photo : Des jeunes, dont des élèves, marchent dans le camp de réfugiés de Nakivale, dans le sud-ouest de l’Ouganda, où plusieurs cas présumés de trafic de mineurs ont récemment été signalés par des réfugiés et des responsables locaux. © SOS Médias Burundi

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