Nduta (Tanzanie) : dix demandeurs d’asile burundais en détention
Dix demandeurs d’asile d’origine burundaise ont été récemment arrêtés par la police tanzanienne. Ces anciens locataires du camp de Nduta avaient été rapatriés avant de retourner en exil. Ils disent qu’ils ont été persécutés sur leur colline d’origine, optant pour le retour en exil. Ils craignent d’être refoulés. (SOS Médias Burundi)
Ces demandeurs d’asile burundais sont constitués de six hommes, deux femmes et deux enfants.
« Ils sont arrivés au camp de Nduta la semaine dernière et ne se sont pas directement dirigés vers les centres d’accueil. Ils ont préféré loger chez leurs amis, car ils connaissent bien le camp pour y avoir passé plus de cinq ans avant d’être rapatriés au début de cette année », indique un réfugié burundais sur place.
Dénoncés par leurs compatriotes, ils ont été appréhendés par la police et conduits aux cachots.
« Ils ont été accusés d’être des sans papiers. Ils risquent d’être refoulés vers le Burundi car la Tanzanie ne donne plus d’asile ici », regrettent des réfugiés burundais à Nduta.
Pourtant, les concernés affirment qu’ils ont été malmenés et discriminés sur leur colline d’origine dans les provinces de Makamba et de Ruyigi (sud-est) soupçonnés de « ternir l’image du pays et s’enrôler dans des mouvements rebelles « . Ils demandent plutôt d’être accueillis comme de nouveaux réfugiés en Tanzanie.
Leurs compatriotes comprennent leur demande.
« Si jamais quelqu’un revient ici dans cette misère sans nom, quittant son pays, en tout cas, il devrait être accueilli car c’est une preuve qu’il est persécuté sinon même nous aussi, nous voulons quitter ce camp mais nous manquons où aller », disent-ils.
Ces Burundais sont arrivés en Tanzanie au mauvais moment car la semaine dernière, les autorités de ce pays ont indiqué qu’elles comptent refouler d’anciens réfugiés burundais revenus en exil.
Au total, plus de 1048 Burundais sont concernés par la mesure. Ce sont d’anciens réfugiés qui sont retournés en exil lors des deux dernières années après être rapatriés au Burundi. Les intéressés demandent au gouvernement tanzanien de revenir sur sa mesure indiquant que les raisons qui les ont poussés à fuir le pays sont toujours d’actualité.
Le camp de Nduta compte pour le moment plus de 76.000 réfugiés burundais.
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Photo d´illustration : une pancarte de la zone C du camp des réfugiés de Nduta
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