Minembwe : deux morts et plusieurs blessés dans un bombardement signalé à Ilundu/Basita

Minembwe : deux morts et plusieurs blessés dans un bombardement signalé à Ilundu/Basita

SOS Médias Burundi

Bukavu, 7 juin 2026 – Deux personnes ont été tuées et six autres blessées lors de bombardements survenus dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin dans le village d’Ilundu/Basita, situé dans la localité de Minembwe, en territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo. Cette région des Hauts Plateaux est majoritairement habitée par des membres de la minorité banyamulenge.

Selon un communiqué publié dimanche par le Réseau local de protection des civils dans les Hauts Plateaux, un collectif de citoyens basé à Minembwe, les tirs attribués aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et à la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) ont visé une zone habitée du village.

D’après cette organisation, les projectiles ont touché une habitation située chez le pasteur Ruberanganizi ainsi que plusieurs infrastructures scolaires. Deux salles de classe de l’École primaire Ilundu auraient notamment subi d’importants dégâts matériels.

Le bilan communiqué fait état de deux morts. Il s’agit de Prince Runezerwa Mahiyaho, âgé de 19 ans, décédé à son arrivée à l’hôpital général, et de Résor Kigeri Mazuru, qui aurait perdu la vie sur le lieu du bombardement.

Six autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles Bajeneza Murontsi, 7 ans, élève de deuxième année primaire, et Nzabakiza Osée, 12 ans, grièvement touché à plusieurs parties du corps. D’autres victimes, âgées de 18 à 58 ans, ont également été recensées dans un état variable.

Le Réseau local de protection des civils dans les Hauts Plateaux condamne fermement cette attaque et affirme que les victimes sont des civils banyamulenge. L’organisation évoque des actes qu’elle qualifie de crimes graves contre les populations civiles et appelle les autorités compétentes ainsi que la communauté internationale à se saisir de la situation sécuritaire dans les Hauts Plateaux de Minembwe.

Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle des FARDC ou de la FDNB n’avait été obtenue concernant ces allégations. Une vérification indépendante des circonstances exactes de l’incident n’était pas encore disponible.

Un contexte régional dominé par des tensions entre États et groupes armés

Cet incident survient dans un contexte de conflit régional complexe dans l’est de la République démocratique du Congo, où s’entremêlent rivalités étatiques, groupes armés et alliances locales.

Le M23, une ancienne rébellion à dominante tutsi ayant repris les armes fin 2021, reproche aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté les engagements de réintégration de ses combattants. Le groupe armé, aujourd’hui intégré à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), est actif dans plusieurs zones de l’est congolais.

Dans le Sud-Kivu et particulièrement dans la zone de Minembwe, le M23 est régulièrement présenté comme disposant d’alliés locaux, notamment le groupe armé Twirwaneho, composé majoritairement de jeunes combattants banyamulenge.

Dans ce contexte, les accusations entre États restent particulièrement vives. La République démocratique du Congo et le Burundi accusent régulièrement le Rwanda de soutenir le M23 et de jouer un rôle déstabilisateur dans la région. Kigali rejette catégoriquement ces accusations et affirme au contraire que Kinshasa et Gitega coopèrent avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé composé d’anciens responsables hutu liés au génocide des Tutsi de 1994.

Le Burundi maintient de son côté que ses forces déployées dans l’est de la RDC agissent dans le cadre d’un accord bilatéral avec Kinshasa visant à restaurer la sécurité. Le Rwanda, pour sa part, dément toute implication directe ou indirecte auprès du M23.

Deux militaires burundais lors d’une opération de sécurisation des convois d’officiels congolais dans le Sud-Kivu, en septembre 2025. ©SOS Médias Burundi
Des militaires burundais lors d’une opération de sécurisation de hauts responsables congolais dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. De nouveaux déploiements de troupes burundaises ont été signalés ces dernières semaines dans les Hauts Plateaux de l’est de la République démocratique du Congo, où deux personnes ont été tuées lors de récents bombardements, selon des sources locales citées par le Réseau de protection des civils dans les Hauts Plateaux. ©SOS Médias Burundi

Ces accusations croisées entre Kigali, Kinshasa et Gitega alimentent une forte tension diplomatique et militaire dans la région des Grands Lacs. Sur le terrain, la multiplication des groupes armés et des opérations militaires continue d’exposer les populations civiles à des violences récurrentes, notamment dans les Hauts Plateaux de Minembwe et dans plusieurs zones du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.

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Photo : Des femmes et des hommes manifestent contre les violences et les tueries à Minembwe. © DR/SOS Médias Burundi

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