Muyinga : les réfugiés gagnent plus de liberté de mouvement, les règles assouplies
SOS Médias Burundi
Muyinga, 24 juin 2026 – Les réfugiés congolais vivant dans les camps de Musasa et de Kinama, en province de Butanyerera, dans le nord-est du Burundi, bénéficient désormais d’un assouplissement des règles encadrant leurs déplacements. La décision a été annoncée le 20 juin 2026 par Gédéon Ntahokaja, représentant de l’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA) pour les camps du nord du pays. Selon lui, cette mesure émane de la hiérarchie de l’ONPRA à Bujumbura, la capitale économique où se trouve le bureau central de l’office, et s’applique à l’ensemble des camps et sites de réfugiés du pays.
D’après les nouvelles dispositions, les réfugiés peuvent désormais se déplacer librement dans la zone immédiate de leur camp sans solliciter d’autorisation préalable ni présenter de document de sortie.
Pour les déplacements à l’intérieur de la commune d’accueil, ils devront simplement s’enregistrer dans un registre mis en place par l’administration de l’ONPRA, au départ comme au retour.
En revanche, pour tout déplacement au-delà de la commune d’accueil, le système du billet de sortie reste en vigueur. Les réfugiés devront continuer à obtenir ce document avant de quitter la zone concernée.
Des ajustements spécifiques pour Musasa et Kinama
Au camp de Musasa, les réfugiés peuvent désormais circuler librement dans l’ensemble de la zone sans formalité préalable. Pour les déplacements dans la commune élargie de Kiremba, ils devront simplement s’inscrire dans un registre tenu par l’administration du camp, au départ comme au retour.
La même mesure s’applique aux réfugiés du camp de Kinama. Ceux-ci peuvent désormais circuler librement dans l’ancienne commune de Gasorwe, devenue une zone administrative à la suite de la réforme territoriale de juin 2025, sans formalité préalable. Pour se rendre dans l’ensemble de la commune élargie de Muyinga, ils devront toutefois s’enregistrer auprès de l’administration du camp.
Les déplacements au-delà de la commune restent soumis à la délivrance d’un billet de sortie, conformément à la réglementation en vigueur.
« Nous ne serons plus arrêtés pour absence de billet »
Au camp de Kinama, cette décision est accueillie avec satisfaction par plusieurs réfugiés. Innocente, une réfugiée du camp, estime que cette mesure va réduire considérablement les difficultés rencontrées au quotidien.
« Avant, nous devions souvent faire la queue très tôt le matin devant les bureaux de l’administration pour demander un billet de sortie, même pour de courts déplacements. Cela prenait beaucoup de temps et retardait nos activités. Pour les commerçants, c’était particulièrement pénalisant, car certains perdaient des clients ou des opportunités en attendant l’autorisation. Cette nouvelle mesure va nous faciliter la vie et réduire les risques d’arrestation pour absence de billet lors des déplacements dans la commune », témoigne-t-elle.
Selon elle, plusieurs réfugiés avaient déjà été interpellés par les forces de l’ordre lorsqu’ils se trouvaient hors du camp sans documents requis, même pour des déplacements de proximité.
Un membre du comité des représentants des réfugiés du camp de Musasa, ayant requis l’anonymat, estime que cette décision constitue un progrès important obtenu à la suite de multiples démarches auprès des autorités.
« Depuis plusieurs années, nous plaidions pour un assouplissement des restrictions de mouvement. Aujourd’hui, nous constatons une avancée importante. Certes, la liberté de circulation n’est pas encore totale, mais le fait de pouvoir se déplacer librement dans la commune représente un pas significatif », explique-t-il.
Selon lui, les anciennes restrictions limitaient fortement les activités économiques et sociales des réfugiés en dehors des camps. Il rappelle que la majorité d’entre eux ne dépassaient généralement pas un rayon d’environ cinq kilomètres dans leurs déplacements quotidiens.
« Les réfugiés qui se rendent au marché, chez des proches ou se déplacent pour exercer de petites activités génératrices de revenus pourront désormais s’y adonner plus facilement, sans craindre d’être interpellés dans les limites autorisées », ajoute-t-il.
Notons que le règlement d’ordre intérieur régissant les réfugiés au Burundi autorise leur circulation dans l’ensemble de la commune abritant leur camp. Dans la pratique toutefois, cette disposition a longtemps été appliquée de manière restrictive par certaines autorités, invoquant des raisons sécuritaires. De nombreux réfugiés étaient ainsi contraints de limiter leurs déplacements à un rayon d’environ cinq kilomètres autour des camps, sous peine d’être arrêtés pour absence de billet de sortie.
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Photo : Des réfugiés sur le petit marché du camp de Musasa, dans le nord du Burundi. Les occupants de ce camp et ceux de Kinama bénéficient d’un assouplissement des règles de circulation. © SOS Médias Burundi
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