Bujumbura : la fin des soins gratuits à Dunamai Center fait craindre un engorgement de l’hôpital Roi Khaled

Bujumbura : la fin des soins gratuits à Dunamai Center fait craindre un engorgement de l’hôpital Roi Khaled

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 30 juin 2026 – La décision de la Polyclinique Dunamai Center, située dans la zone Gihosha de la commune Ntahangwa, au nord de la capitale économique Bujumbura, de mettre fin à la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans à compter du 1er juillet 2026 suscite une vive inquiétude parmi les patients et les professionnels de santé. Plusieurs observateurs redoutent un afflux massif de malades vers l’hôpital Roi Khaled, situé dans la même zone, avec le risque d’un engorgement de ses services.

La direction de la Polyclinique Dunamai Center a annoncé le 17 juin dernier la suspension de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. La mesure entrera en vigueur le 1er juillet. Les raisons de cette décision n’ont pas été rendues publiques.

Selon plusieurs sources contactées par SOS Médias Burundi, cette suspension obligera de nombreuses familles à se tourner vers les établissements publics qui continuent d’appliquer la politique nationale de gratuité des soins.

À l’hôpital Roi Khaled, également situé dans la zone Gihosha, les professionnels de santé redoutent déjà une augmentation importante du nombre de patients.

«« Nous craignons une hausse considérable des consultations, notamment dans les services de maternité, de gynécologie et de pédiatrie. Nos équipes travaillent déjà sous forte pression et cette décision risque d’aggraver la situation », confie un agent de santé sous couvert d’anonymat.»

Selon cette source, les capacités d’accueil de l’établissement sont déjà fortement sollicitées et un afflux supplémentaire de patients pourrait allonger les délais de prise en charge.

Les bénéficiaires déplorent la décision

Rencontrée à la Polyclinique Dunamai Center, Espérance, une habitante de Gikungu Rural, regrette la suppression de cette gratuité.

« Cette clinique nous permettait d’éviter les longues files d’attente à l’hôpital Roi Khaled. Les femmes enceintes et les enfants y étaient pris en charge plus rapidement. Aujourd’hui, nous n’aurons d’autre choix que de nous rendre dans des structures déjà débordées », explique-t-elle.

Selon elle, cette décision touchera en premier lieu les ménages les plus modestes, qui peinent déjà à faire face à la hausse du coût de la vie.

Le précédent de la Clinique Van Norman

Pour plusieurs professionnels de santé, la situation rappelle les ajustements observés dans d’autres structures sanitaires appliquant ou ayant connu des mécanismes de gratuité des soins.

Les mêmes sources indiquent que la Clinique Van Norman, un établissement sanitaire géré par l’Université Espoir d’Afrique, a connu des réorganisations similaires dans l’offre de soins gratuits, contribuant à une redistribution de la charge vers d’autres structures publiques et privées.

Par ailleurs, des sources concordantes signalent que plusieurs bénéficiaires rencontrent désormais des difficultés pour accéder à la gratuité des soins à l’hôpital militaire de Bujumbura, où cette mesure serait devenue de plus en plus limitée.

Une préoccupation déjà soulevée devant le gouvernement

La question de la suspension des soins gratuits dans certaines structures sanitaires avait déjà été évoquée lors de l’émission publique réunissant les membres du gouvernement et des journalistes le 11 juin dernier à Gitega, la capitale politique du pays. Plusieurs intervenants avaient alors exprimé leurs inquiétudes quant au maintien de cette politique de santé publique destinée à protéger les femmes enceintes et les jeunes enfants.

La Polyclinique Dunamai Center appartient à Ezechiel Nibigira, ancien ministre burundais des Affaires étrangères, qui a également occupé plusieurs fonctions ministérielles.

À la veille de l’entrée en vigueur de cette décision, aucune mesure officielle n’a été annoncée pour limiter ses conséquences. Les professionnels de santé craignent que l’hôpital Roi Khaled ne soit rapidement confronté à un engorgement de ses services, au détriment de la qualité des soins et des délais de prise en charge des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans.

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Photo : Des femmes et leurs enfants dans une allée de l’hôpital Roi Khaled, mars 2025. La suspension de la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans à la Polyclinique Dunamai Center suscite des inquiétudes sur une possible surcharge de cet hôpital public. © SOS Médias Burundi

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