Bujumbura : la mort suspecte d’un ressortissant congolais renvoie une cheffe de quartier de nouveau à Mpimba
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 30 juin 2026 – Deux mois après sa libération, Claudine Akimana, cheffe du quartier Bwiza, dans la zone Bwiza de la commune Mukaza, à Bujumbura, a de nouveau été écrouée à la prison centrale de Bujumbura, dite Mpimba. Elle est poursuivie dans une affaire liée à la mort suspecte d’un ressortissant congolais, après avoir signé un acte de décès dont les circonstances sont contestées. Les habitants du quartier réclament que la justice fasse toute la lumière sur cette affaire et sanctionne les éventuels responsables.
Selon plusieurs sources concordantes, Claudine Akimana est détenue à la prison centrale de Bujumbura, dite Mpimba, depuis deux semaines. Avant son incarcération à Mpimba, elle avait été détenue au cachot de la Police judiciaire, dans la même ville, pour les besoins de l’enquête.
D’après les informations recueillies par SOS Médias Burundi, la cheffe de quartier est accusée d’avoir signé un acte de décès attestant qu’un ressortissant de la République démocratique du Congo était décédé à son domicile. Or, selon les éléments de l’enquête, le corps de cet homme aurait été retrouvé dans un hôtel situé dans le quartier Bwiza.
Des accusations graves
Selon plusieurs sources locales, le défunt était un ressortissant congolais. Certaines affirment qu’il transportait des stupéfiants destinés à être acheminés vers des pays européens. SOS Médias Burundi n’a toutefois pas été en mesure de confirmer cette information auprès de sources officielles.
Les mêmes sources soutiennent que l’homme aurait été tué après avoir été dépouillé d’une importante somme d’argent en devises, dont le montant n’a pas été établi.
Des habitants accusent également certains responsables locaux du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, d’être impliqués dans cette affaire. Selon eux, Claudine Akimana aurait signé le document litigieux après avoir reçu un pot-de-vin. À ce stade, ces accusations n’ont pas été confirmées par les autorités judiciaires et aucune réaction officielle n’a été rendue publique.
Des accusations récurrentes de corruption
Les habitants du quartier Bwiza affirment que cette affaire s’ajoute à d’autres faits qu’ils dénoncent depuis plusieurs mois.
Ils accusent Claudine Akimana d’exiger régulièrement des pots-de-vin avant de signer certains documents administratifs et d’user de son autorité pour intimider les habitants qui dénoncent ces pratiques.
Ils demandent à la justice de mener une enquête impartiale et de poursuivre toutes les personnes qui seraient impliquées dans cette affaire, quel que soit leur statut.
Un retour en prison après une précédente condamnation
Cette nouvelle incarcération intervient seulement deux mois après la libération de Claudine Akimana dans une autre affaire de fraude.
En mars dernier, elle avait été condamnée pour avoir participé à la fabrication et à la vente frauduleuses de passeports et d’autres documents de voyage destinés à des ressortissants congolais souhaitant rejoindre des pays arabes pour y chercher du travail.
L’affaire avait été révélée lorsqu’un ressortissant congolais s’était présenté à la Police de l’air, des frontières et des étrangers (PAFE) pour renouveler un passeport arrivé à expiration. Les vérifications avaient permis de découvrir que le document était falsifié. Au cours de l’enquête, l’intéressé avait indiqué que le passeport lui avait été délivré par Claudine Akimana contre rémunération, ce qui avait conduit à son arrestation, à sa condamnation, puis à son incarcération à Mpimba.
Pour les habitants de Bwiza, cette nouvelle arrestation renforce les soupçons d’abus de pouvoir et de corruption au sein de certaines autorités locales. Ils demandent que toute la lumière soit faite sur la mort du ressortissant congolais et que les personnes reconnues responsables répondent de leurs actes devant la justice.
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Photo : Claudine Akimana, cheffe de quartier Bwiza, détenue à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura pour faux et usage de faux dans des actes administratifs liés à un décès suspect. © SOS Médias Burundi
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