Exode massif : l’ONG locale PARCEM a accusé les gouvernements africains de pousser leur jeunesse vers l’étranger

Exode massif : l’ONG locale PARCEM a accusé les gouvernements africains de pousser leur jeunesse vers l’étranger

SOS Médias Burundi

Bujumbura,13 août 2026 — À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août, l’ONG locale Parole et Action pour le Réveil des consciences et le Changement des Mentalités (PARCEM) a accusé les gouvernements africains de ne pas répondre aux besoins essentiels de leur jeunesse, poussant ainsi de nombreux jeunes à chercher à l’étranger les opportunités qu’ils ne trouvent pas dans leurs pays.

À l’occasion de cette journée, la PARCEM a appelé les gouvernements africains à passer des discours aux actions concrètes pour freiner l’exode des jeunes.

Pour Faustin Ndikumana, directeur de la PARCEM, le départ massif des jeunes vers l’étranger traduit une perte progressive d’espoir. Selon lui, l’avenir de la jeunesse africaine dépend de la capacité des États à répondre à ses besoins réels plutôt que de se limiter aux discours.

« Il est actuellement grand temps de quitter le stade des discours pour passer à l’action concrète afin de relever les véritables défis », a déclaré Faustin Ndikumana.

Des besoins essentiels toujours insatisfaits

S’appuyant sur une enquête menée auprès d’un groupe de jeunes, le responsable de la PARCEM a indiqué que plusieurs priorités ont été identifiées.

Parmi elles figurent l’accès à une formation de qualité, aux infrastructures adaptées à l’autopromotion, à internet, à l’électricité et à l’eau, ainsi qu’à une alimentation suffisante.

Les jeunes interrogés ont également insisté sur la nécessité de faciliter l’accès à l’emploi et aux crédits bancaires, afin de leur permettre de concrétiser leurs projets économiques et de participer au développement de leurs communautés.

Pour Faustin Ndikumana, l’absence de réponses concrètes à ces attentes pousse de nombreux jeunes à rechercher ailleurs les opportunités qu’ils ne trouvent pas dans leurs pays.

Un chômage qui nourrit le désespoir

Le chômage et le sous-emploi des jeunes constituent un défi majeur sur le continent africain. L’Organisation internationale du Travail (OIT) souligne que les jeunes restent confrontés à d’importantes difficultés d’insertion professionnelle, malgré une amélioration de certains indicateurs mondiaux.

En 2025, l’OIT estimait notamment à environ 262 millions le nombre de jeunes âgés de 15 à 24 ans qui n’étaient ni en emploi, ni aux études, ni en formation.

L’Afrique subsaharienne reste particulièrement marquée par le poids du travail informel. Selon les données de l’OIT, 87,6 % de l’emploi y était informel en 2025, ce qui traduit l’ampleur des emplois précaires et insuffisamment protégés sur le marché du travail.

Le problème n’est donc pas seulement l’absence d’emploi. Pour de nombreux jeunes, il s’agit également de la difficulté à accéder à un emploi décent, stable et suffisamment rémunérateur.

Ce phénomène n’est pas nouveau. Mais avec la croissance démographique du continent, la pression sur les marchés du travail devrait continuer à s’accentuer si la création d’emplois ne suit pas le rythme de l’arrivée de nouveaux jeunes actifs.

Des jeunes regroupés au sein d’une coopérative agricole dans un champ, au Burundi. Face au chômage et au manque de perspectives, les initiatives collectives dans le secteur agricole constituent pour certains jeunes une alternative à l’exode vers l’étranger. © SOS Médias Burundi

Du Burundi à l’Afrique australe, la jeunesse en quête d’ailleurs

Au Burundi, de nombreux jeunes quittent également le pays pour tenter leur chance à l’étranger, notamment en Tanzanie, en Zambie ou au Kenya, ainsi qu’en Afrique australe, notamment au Malawi, au Mozambique et en Afrique du Sud.

D’autres se rendent dans les pays du Golfe ou en Europe de l’Est, à la recherche d’emplois et de meilleures conditions de vie.

Mais le départ ne garantit pas toujours une vie meilleure. Certains migrants sont confrontés à des difficultés liées à leur situation administrative, au chômage, à l’exploitation ou à diverses formes de maltraitance.

En Afrique australe, certains ressortissants africains ont notamment été confrontés ces derniers temps à des tensions et à des actes hostiles liés à la xénophobie, rappelant les risques auxquels peuvent être exposés les migrants une fois arrivés dans leur pays de destination.

Des diplômés sans débouchés

Au Burundi, chaque année, de nombreux diplômés arrivent sur le marché du travail sans trouver de débouchés correspondant à leurs compétences.

Dans les rues de Bujumbura, poumon économique du Burundi et capitale économique où se concentrent notamment les agences des Nations unies, une grande partie de l’administration et des activités commerciales, de nombreux jeunes sans activité professionnelle passent une grande partie de la journée dans les espaces publics, faute de perspectives économiques.

Certains dénoncent également des traitements difficiles lors d’interpellations par les forces de l’ordre, notamment lorsqu’ils sont accusés de troubler l’ordre public.

Pour la PARCEM, cette situation contribue à nourrir chez une partie de la jeunesse le sentiment que l’avenir se trouve ailleurs.

Des jeunes, dont des agents de transfert d’argent et d’unités téléphoniques, exerçant leurs activités dans un marché de la capitale économique Bujumbura, au Burundi. Face au manque d’emplois formels, de nombreux jeunes se tournent vers de petites activités commerciales et les services de proximité pour subvenir à leurs besoins. © SOS Médias Burundi

Le gouvernement met en avant ses programmes

Face à ces critiques, les autorités burundaises affirment régulièrement que la jeunesse bénéficie d’un accompagnement à travers différents programmes, notamment la Banque d’investissement pour les jeunes (BIJE) et le Programme d’autonomisation économique et d’emploi des jeunes (PAEEJ).

Le gouvernement soutient que ces initiatives permettent aux jeunes de développer leurs projets, de créer des emplois et de contribuer à la croissance économique du pays.

Pour la PARCEM, cependant, ces efforts doivent être renforcés par des actions plus profondes et durables.

L’ONG appelle notamment à améliorer l’accès à la formation, à l’emploi, au financement, à internet, à l’électricité et aux autres services essentiels, afin de redonner confiance à une jeunesse de plus en plus tentée par le départ.

Pour Faustin Ndikumana, il est désormais urgent de créer les conditions permettant aux jeunes de construire leur avenir dans leurs propres pays, plutôt que de les voir prendre des routes migratoires parfois dangereuses à la recherche d’une vie meilleure.

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Photo : Des jeunes déscolarisés et désœuvrés dans une région de l’est du Burundi. L’ONG locale PARCEM accuse les gouvernements africains de ne pas répondre aux besoins essentiels de leur jeunesse et les appelle à passer des discours aux actions concrètes pour freiner l’exode des jeunes vers l’étranger. © SOS Médias Burundi

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