La mort du président Nkurunziza n’arrête pas les enquêtes de la CPI et de l’ONU
La commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi espère une nette amélioration des droits de l’homme dans le pays. Toutefois, elle demande aux nouvelles institutions de veiller à ce que les auteurs des violations des droits humains soient punis. Par ailleurs, un collectif d’avocats travaillant sur plus de 2000 dossiers devant la CPI se dit déterminé plus que jamais. (SOS Médias Burundi)
La commission de l’ONU a été mise en place durant le mandat de Pierre Nkurunziza, c’était en 2016. Elle enquête sur des actes commis sous son régime et assure qu’elle va continuer son travail.
“La disparition de Pierre Nkurunziza n’aura pas un impact direct sur le travail d’enquête de la Commission, qui reste le seul mécanisme indépendant d’enquête et de suivi des Nations Unies sur la situation des droits humains sur le Burundi”, a réagi M.Doudou Diene, président de cette commission.
En septembre dernier, la commission Diene avait alerté la communauté internationale et identifié plusieurs facteurs de risques sur les violations graves des droits de l’homme.
“Ces facteurs sont toujours présents, il est nécessaire de rester vigilant quant à l’évolution de la situation des droits de l’homme au Burundi dans les prochains mois. Il faudra voir si ces violations continuent, s’aggravent ou s’arrêtent. Les mesures que prendront les nouvelles autorités par rapport à l’impunité générale pour des violations grave, la fermeture de l’espace démocratique et les violations des droits économiques et sociaux, notamment la pauvreté et le droit à la santé dans le contexte de la pandémie actuelle de Covid-19, seront particulièrement déterminantes et significatives”, insistent les commissaires de l’ONU.

La Commission espère qu’au final cette transition politique se révèle être une opportunité pour l’amélioration de la situation des droits de l’homme dans le pays.
“L’ouverture d’un véritable dialogue et la reprise de la coopération entre les nouvelles autorités burundaises et la Commission, et la communauté internationale de manière plus générale en sera un indicateur important”, souhaite la commission.
Les avocats des victimes plus que déterminés
Plus de 2000 dossiers ou communications dans le jargon de la CPI ont été déposés au greffe à ce jour de cette juridiction internationale.
Maître Armel Niyongere, Coordinateur du Collectif des avocats des parties civiles des crimes commis au Burundi, « Justice for Burundi » rassure que la mort de Pierre Nkurunziza n’arrête pas le processus d’enquête.
“Le président Pierre Nkurunziza était bien évidemment un élément clé dans la recherche de la vérité et de la justice de ce qui s’est passé depuis 2015, c’est dommage qu’il est mort sans apporter plus de lumière ou sans avoir répondu devant la justice pour des crimes de violations de droits de l’homme qui lui sont reprochés directement. Mais, les enquêtes continuent”, a-t-il précisé

Ce collectif des avocats met en garde tous ceux qui sont impliqués dans des crimes qui font objet d’ enquête de la CPI.
“Cette disparition ne met pas fin à la procédure. Toutes les autres personnes impliquées peuvent être poursuivies et le Collectif des avocats ne lâchera pas. Nous continuons à soutenir les efforts des familles qui réclament justice pour les victimes de ces dossiers innommables. Même si Pierre Nkurunziza serait vivant, il répondrait de ses actes. Nous continuions d’ailleurs de rassembler toutes les preuves qui permettront à la CPI de faire son travail correctement”, a-t-il conclu.
You might also like
Mugamba : la police rançonne des détenus avant de les relâcher
La pratique est dénoncée par des habitants de la commune de Mugamba en province de Bururi (sud du Burundi). Ils indiquent que la police arrête injustement des personnes, les détient
Rutana : des prisonniers rançonnés par leurs responsables
Les nouveaux détenus de la prison centrale de Rutana (sud-est du Burundi) sont sommés de payer une somme allant de 50.000 à 300.000 francs burundais par personne pour trouver une
Bujumbura : un journaliste de Bonesha FM agressé à l’Université du Burundi , un signal alarmant pour la liberté de la presse
SOS Médias Burundi Le journaliste Willy Kwizera, travaillant pour la radio Bonesha FM, a été violemment agressé ce lundi matin sur le campus Mutanga de l’Université du Burundi, alors qu’il
