Bujumbura : l’Église, les habitants et la famille rendent hommage à Buyoya, pas le gouvernement
Au moment où Buyoya rejoignait sa dernière demeure à Bamako, une messe en sa mémoire a été célébrée. C’était à la cathédrale Régina Mundi que le défunt a beaucoup fréquentée de son vivant dans la capitale économique Bujumbura. Elle a été dite par l’ancien archevêque de Bujumbura, Évariste Ngoyagoye qui a beaucoup côtoyé l’ancien chef d’État. Malgré le silence radio des autorités, les Burundais sont allés lui rendre un dernier hommage. Plusieurs chrétiens ont dû suivre la messe de l’extérieur. (SOS Médias Burundi)
L’ancien archevêque et président de la conférence des évêques catholiques du Burundi (1986-1989 et 2007-2011) a loué un « médiateur ». « Il a été médiateur dans son propre pays le Burundi. Un don qu’il a également mis au service de l’humanité en Afrique comme dans le monde », a rappelé aux aspirants de la messe.
Et d’invoquer le Seigneur pour qu’il puisse guérir les Burundais de la « rancune » tout en précisant que « nous ne sommes pas venus dans cette messe de requiem pour juger. Le juge Suprême s’en occupe », a-t-il martelé dans sa brève homélie.
Même si c’était un événement familial où les médias n’ont pas été autorisés de participer, plusieurs habitants de la ville de Bujumbura y ont pris part. Un reporter de SOS Médias Burundi a remarqué que la majorité a suivi la messe de l’extérieur, la grande cathédrale étant pleine.
Le gouvernement burundais qui participe dans son ensemble à une croisade de prière organisée par le couple présidentiel depuis hier à Mutaho (Centre du Burundi) n’était pas représenté.
Et depuis le jour de son décès, aucune annonce officielle n’a été faite. Seuls deux anciens vice-présidents à savoir Yves Sahinguvu et Mathias Sinamenye et son ancien successeur Domitien Ndayizeye ont pris part à la cérémonie.
Buyoya est mort quelques jours après sa condamnation à vie par la cour suprême du Burundi en première instance dans le dossier de l’assassinat de son premier successeur Melchior Ndadaye, premier président Hutu démocratiquement élu tué en 1993 moins de quatre mois dans le fauteuil présidentiel. C’était au terme d’un procès marathon en son absence et auquel ses avocats n’ont pas été autorisés de participer.
L’ancien chef de l’État a qualifié le procès de « parodie de justice ».
Depuis 2012, il était haut représentant de l’UA pour le Mali et le Sahel, un poste auquel il a renoncé après sa condamnation par la justice de son pays.
____________
Photo : le cercueil de l’ancien président Buyoya à la grande cathédrale de Bamako, le 29 décembre 2020 (photo DR)
You might also like
Covid-19: un traitement qui divise le personnel de surveillance épidémiologique
Depuis 12 mois, le personnel médical affecté à une trentaine de points de surveillance épidémiologique contre la pandémie de Covid-19 n’avait pas reçu de prime jusqu’à ce mercredi. Des prestataires
Burundi: la conférence des évêques du Burundi préoccupée par la pauvreté extrême des ménages
Les évêques catholiques burundais s’indignent de la flambée des prix qui s’observe dans le pays. Dans un communiqué rendu public après l’Assemblée plénière ordinaire du mois de décembre, leur conférence
Bujumbura : la pénurie d’eau potable inquiète la population
SOS Médias Burundi Bujumbura, 22 septembre 2025 – La ville de Bujumbura, capitale économique et principale ville du Burundi, où toutes les agences des Nations-Unies et l’administration centrale sont concentrées,
