Burundi : la CNIDH s’inquiète des cas de violation de droits des enfants
La commission nationale indépendante des droits de l’homme a rendu public un rapport de six mois sur les violations des droits des enfants ce vendredi. Elle indique avoir répertorié plus de 50 cas de viol, de tueries, de tortures, de maltraitance des enfants, un nombre inquiétant selon elle. Elle appelle la police à être plus vigilante et la justice à punir exemplairement les auteurs de ces crimes. (SOS Médias Burundi)
Les violations de droits de l’enfant répertoriées par la CNIDH varient. “Nous avons eu des cas d’enfants brûlés par leurs parents ou tutelles, d’autres sont tués dans des conditions obscures ou encore ceux qui sont battus à l’image des tortures, sans oublier des enfants qui sont portés disparus ou violés par leur gardien ou des femmes de ménage”, a déclaré Consolate Habimana, vice présidente de la CNIDH dans une conférence de presse.
La CNIDH rappelle que les droits des enfants devraient être protégés, en premier lieu par leurs parents et entourage ainsi que les instances étatiques. “Aucun parent, tutelle ou enseignant n’est autorisé d’infliger des tortures physiques à des enfants. La CNIDH demande à tout le monde de se lever pour dénoncer des auteurs de ce crime puni sévèrement par la loi. Nous en appelons à la justice et à la police de porter une attention particulière à la protection des enfants et à l’éradication de ce crime”, a indiqué la vice présidente de la CNIDH.
En juin 2020, la fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance (Fenadeb) avait alerté les institutions étatiques sur de tels cas.
Elle annonçait avoir documenté pour les six premiers mois de l’année 52 victimes de violences contre les enfants. La plupart de victimes, ayant un âge ne dépassant pas 13 ans. “Ce sont des cas de meurtre, infanticide, viol, maltraitance grave, trafic, rafles des enfants de la rue, enlèvement, abandon, etc”, avait précisé Isidore Nteturuye, coordonnateur national de la fédération.
Des autorités impliquées
D’après la Fenadeb, “certaines autorités locales protègent les criminels pour cause de corruption ou degré de parenté, mais aussi des officiers de police judiciaire (OPJ) au niveau communal, corrompus, reçoivent les plaintes et libèrent, par la suite, les auteurs”.
Cette fois-ci, la CNIDH veut passer à la vitesse supérieure. “La CNIDH a déjà commencé des enquêtes minutieuses pour savoir les causes réelles de cette montée de violation des droits des enfants. Un rapport final sera remis à qui de droit, et des séances de sensibilisation à la protection des droits des enfants seront menées”, a laissé entendre Mme. Habimana.
L commission compte ouvrir un numéro vert pour que les citoyens puissent signaler des cas de violation des droits des enfants.
“Des bureaux régionaux restent ouverts à Makamba (Sud), Ngozi(Nord) Gitega (capitale politique au centre) et à Bujumbura (capitale économique à l’ouest) pour recevoir des plaintes ou des informations y relatives. Ils peuvent aussi appeler au 22 27 71 21 ou sur le Whatsap +257 68 22 67 67, tous les jours et à tout moment « , a-t-elle conclu.
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Photo : des enfants de la rue
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