Bujumbura : un Imbonerakure confirme les soupçons de tortures pratiquées par les renseignements
Il s’agit de Kenny Claude Nduwimana. Ce jeune militant du CNDD-FDD connu pour ses propos haineux a été libéré lundi dernier après plus d’un mois de détention au quartier général du service national de renseignements (SNR) à Bujumbura (capitale économique). À la grande surprise, il affirme avoir été empoisonné durant les 35 jours qu’il a passé au cachot. (SOS Médias Burundi)
Le message dans lequel il l’explique circule sur les réseaux sociaux depuis dimanche dernier.
Il a affirmé dans un groupe Whatsap des membres du CNDD-FDD dénommé « Bagumyabanga (nom attribué aux militants du parti au pouvoir) News » que le responsable du renseignement intérieur Innocent Museremu qui est d’ailleurs membre du groupe lui a refusé tout contact avec l’extérieur, y compris des proches qui pouvaient lui ramener de la nourriture.
Il explique que le plan derrière cela était de lui donner dans les aliments une dose suffisante de poison. « Je l’ai même dit à Museremu à ma sortie que j’étais malade. Les tests médicaux n’ont rien donné. Mais quand je suis allé consulter un tradipraticien qui m’a donné une cure contre le poison, j’ai une diarrhée incessante », écrit celui qui qualifie les Tutsis de « buveurs de sang qui doivent être expulsés du Burundi » dans ses multiples enregistrements audio.
⭕️ Avant de disparaître, Kenny Claude Nduwimana a été appelé par Innocent #Museremu, responsable du renseignement intérieur (proches et amis). #BurundiCrisis #Bujumbura #Burundi 🇧🇮 pic.twitter.com/4NxcNEFSNj
— SOS Médias Burundi (@SOSMediasBDI) January 5, 2021
Et de prévenir: « Monsieur Museremu, si je meurs saches bien que mon sang va retomber sur ta tête ». Kenny Claude Nduwimana semble être écœuré et surpris. « Je ne savais pas que les nôtres fonctionnent comme ça », s’exclame-t-il.
Depuis 2015, des opposants politiques ont dénoncé des actes de torture leur infligés par des agents des renseignements burundais dont l’empoisonnement, les injections des substances dans des organes génitaux, tortures par des fils électriques dénudés…
Les autorités burundaises ont toujours nié les faits qualifiant les témoins de « collaborateurs d’ennemis du pays qui veulent un changement de régime ».
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Photo : Kenny Claude Nduwimana /DR
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