Explosions de Bujumbura : les autorités dressent un bilan et parlent d’attaques terroristes
Selon le bilan officiel, deux personnes ont été tuées dans les explosions de grenades dans la nuit de lundi dans la capitale économique Bujumbura. Une centaine d’autres ont été blessées. Le premier ministre Alain Guillaume Bunyoni promet de traquer les auteurs de ces attaques jusqu’au dernier. Elles ont été décriées par des Burundais de tous bords. (SOS Médias Burundi)
Le premier ministre burundais s’est rendu dans la journée au chevet des blessés à l’hôpital Prince Régent Charles situé dans le centre de la ville de Bujumbura. Pour les 104 patients, c’est le gouvernement qui va payer les frais relatifs aux soins et à l’hospitalisation. Il a indiqué que ces actes ne resteront pas impunis. « [..] le total des gens qui ont été touchés par les éclats s’élève à 104 personnes. Deux parmi ces 104 ont succombé aux blessures. Nous tenons à rassurer ces patients qu’ils seront bien traités, bien soignés et que les factures y relatives seront adressées au gouvernement pour le paiement en totalité », a indiqué le tout puissant premier ministre après avoir parlé à des blessés pris en charge à cet hôpital hébergeant un centre de Médecins Sans Frontières (MSF).
Assurance
M. Bunyoni appelle les Burundais en général et les administratifs en particulier à rester en alerte et informer les forces de l’ordre chaque fois qu’ils remarquent « toute chose de nature à perturber la sécurité. » Il les invite à donner « toute information et tout renseignement utile ». « Les dispositions nécessaires avaient déjà été prises par les forces de défense et de sécurité pour limiter les dégâts et d’autres ont été prises pour une prévention efficiente de tels actes », a-t-il poursuivi.
Terrorisme
Alain Guillaume Bunyoni parle d’actes terroristes. « C’est aussi une occasion pour décourager de tels actes, des actes terroristes qui ont ciblé des populations innocentes. Nous savons qu’il y a des individus dont la moralité est très basse, des inciviques qui sont chèrement payés pour déstabiliser notre pays, démontrer que notre pays connaît une insécurité afin que ceux qui profitent de l’insécurité puissent revenir et profiter de cette situation d’insécurité pour assouvir leurs intérêts sectaires », a-t-il accusé sans donner de précisions sur des individus ou groupes.

Et de conclure, « Nous rassurons encore une fois la population burundaise et les victimes que ces malfaiteurs ne pourront pas dormir sur leur oreiller et qu’une poursuite acharnée est à leur trousse, que l’œil vigilant de la population burundaise et l’œil plus vigilant de Dieu est sur eux, que fin de fin ils seront arrêtés et traduits en justice pour répondre de leurs actes ignobles ».
Sur les réseaux sociaux burundais, des activistes, journalistes, politiciens et citoyens de tous bords ont dénoncé des actes « inhumains ». « De telles personnes doivent comprendre qu’en démocratie les gens doivent exprimer leurs opinions pacifiquement et non par la voie des armes » a réagi Gérard Hakizimana, président de Folucon F, une association locale qui milite contre le népotisme.
Quant à Pacifique Nininahazwe, président de FOCODE, une ONG locale travaillant depuis l’exil, il parle d’actes lâches. « La vie humaine est sacrée. Au FOCODE, nous condamnons les attaques à la grenade sur des citoyens innocents. Dans le passé ce sont des rebelles du CNDD-FDD notamment qui recouraient à ces pratiques audieuses, aujourd’hui ce sont des groupes ou individus inconnus qui en sont devenus des émules. Aujourd’hui comme hier, quels qu’en soient les auteurs, ces actes sont lâches et inacceptables », a-t-il confié à SOS Médias Burundi.
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Photo : la chaussée Prince Louis Rwagasore juste après les explosions de lundi soir
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