RDC-Beni : les habitants réclament la fin de l’Etat de siège
Depuis le matin, plusieurs activités ont été paralysées sur l’étendue de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu (Est de la RDC). Les mouvements citoyens qui sont à l’origine de cette journée ville morte exigent la levée de l’État de siège décrété par le chef de l’État depuis mai 2021. Selon les organisateurs, la décision n’a pas pu mettre fin aux exactions des groupes armés étrangers et locaux sur les populations. (SOS Médias Burundi)
Trois secteurs ont fortement été affectés par la journée ville morte. Il s’agit de l’éducation, le commerce et le transport.
Plusieurs écoles et des universités sont restées fermées. Des marchés, des banques et des magasins n’ont également pas ouvert, a constaté notre reporter.
« Des heurts entre forces de l’ordre et des jeunes manifestants ont été signalés. Deux motos appartenant à des civils ont été incendiées par les manifestants », disent des habitants.
Une source policière indique que le transport en commun a été également paralysé ce matin.
« Certainement que vous avez entendu des coups de feu dans certains coins de la ville. C’est nous qui essayons de disperser les manifestants et plusieurs d’entre eux ont été arrêtés », a indiqué un agent policier qui s’est confié à SOS Médias Burundi sous couvert d’anonymat.
Cette information est confirmée par le porte-parole de la police a Beni. Dans un message livré à la presse locale ce matin, Nasson Murara a indiqué que ces tirs de sommation visaient à disperser les manifestants qui voulaient perturber l’ordre public.
Ces dernières semaines, des appels à la levée de l’État de siège se sont multipliés dans la province du Nord-Kivu où la criminalité a atteint les grandes villes, dont celle de Goma, (chef-lieu de la province).

Plusieurs personnes ont été tuées à Beni et dans les territoires d’Irumu, Mambasa et Djugu en Ituri malgré l’instauration de l’État de siège.
En mai 2021, le président Félix Tshisekedi a décrété un État de siège dans les deux provinces de l’est du Congo, le Nord-Kivu et l’Ituri. C’était dans le cadre de mettre fin à l’insécurité qui perdure dans cette région de la RDC durant plus de deux décennies. Toutefois, les organisations de défense des droits humains et des responsables administratifs ainsi que des députés élus dans les deux circonscriptions parlent d’un échec. Ils affirment que des centaines de civils ont depuis été tués, plusieurs autres enlevés au cours de cette période par des groupes armés locaux et étrangers dont les ADF (Forces Démocratiques Alliées),un groupe d’origine ougandaise se trouvant sur la liste des mouvements terroristes des États-Unis.
Récemment, l’armée ougandaise est intervenue sur le territoire congolais pour appuyer les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) afin de déloger le groupe de la région.
Les pays de la sous-région se sont convenus d’échanger toujours des informations pour mettre fin à l’insécurité qui perdure dans l’est de la RDC, une préoccupation partagée par le secrétaire général adjoint des Nations-Unies en charge des opérations de maintien de la paix.
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Photo : une rue de commerce désertée à Beni, le 24 janvier 2021
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