Burundi : un artiste maintenu en détention
Olègue Baraka très connu sous le sobriquet de Délégué Général, 20 ans reste détenu au commissariat municipal de Bujumbura (capitale économique). Il y a été conduit le 15 avril. Son avocat dénonce un vice de procédure. (SOS Médias Burundi)
Poursuivi pour blasphème dans un premier temps, Olègue Baraka a vu sa poursuite changer en « atteinte aux bonnes mœurs ». C’est pour s’être mis en scène en tenue liturgique, selon ses proches.
« On a essayé par tous les moyens de le sortir du cachot mais chaque fois qu’on allait le relâcher, un simple coup de téléphone interdisait au chargé du dossier de le libérer, même des personnes influentes du parti au pouvoir nous ont aidés en vain, c’est un jeune de vingt ans. Sa place n’est pas en détention. C’est une violation du droit d’expression », dit un proche du jeune chanteur.
Du côté de la police ,on s’en défend.
« C’est un récidiviste ce garçon, on l’a plusieurs fois détenu pour attentat à la pudeur, port de tenue militaire sans permission , escroquerie […],c’est son quatrième passage dans les cachots du commissariat, mais cette fois- ci il a franchi les limites, son dossier doit être traité minutieusement pour décourager d’autres artistes qui se comportent comme lui », indique un OPJ (officier de police judiciaire).
Son avocat Maître Jean Muvayo lui , dénonce un vice de procédure.
« Aucune charge ne pèse sur lui,on a toujours montré son innocence mais ils ne veulent pas appliquer la loi […] », indique-t-il.
L’extrait à l’origine de son arrestation est un segment d’une vidéo qui vient de passer une année sur YouTube.
« Si la vidéo officielle venait de passer une année sans provoquer des remous , cela signifie qu’elle n’était pas si nuisible. […] C’est un artiste qui a utilisé la parodie. Ça ne constitue en aucun cas un délit de parodier le sacré », analyse un journaliste local qui trouve que le jeune artiste devrait être libéré car « le code pénal de 2017 stipule qu’un individu poursuivi pour atteinte aux bonnes mœurs paye seulement une amende ne dépassant pas cent mille francs burundais ».
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Photo : le chanteur Olègue Baraka, détenu au Commissariat municipal de Bujumbura
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