Tanzanie : le HCR veut connaître les raisons du non engouement au rapatriement volontaire

Tanzanie : le HCR veut connaître les raisons du non engouement au rapatriement volontaire

Depuis ce lundi, le HCR et le gouvernement tanzanien mènent une enquête qui inquiète des réfugiés. Les deux partenaires veulent savoir pourquoi il ne s’observe plus un engouement au rapatriement chez les réfugiés burundais. (SOS Médias Burundi)

Tous les échantillons représentatifs seront pris en compte au cours de l’enquête débutée ce lundi au camp de Nduta. Ladite enquête a commencé au niveau de la zone VII qui s’est montrée hostile au rapatriement volontaire.

«Les groupes de jeunes, des plus âgés, des handicapés, des enfants non accompagnés, des plus vulnérables et bien d’autres seront ciblés comme échantillon de l’enquête», ont expliqué les agents du HCR lors d’une séance de sensibilisation de masse avant le début de l’activité.

Le questionnaire comprend quatre principaux points.

«Qu’est-ce que tu as fui ?, As-tu laissé de la famille et des biens chez toi ?, Pourquoi ne rentres-tu pas ?, Quelle est ta suggestion? », telles sont les questions qui ont été posées aux premiers interviewés par le HCR, ce lundi.

Les réponses sont mitigées pour cette enquête qui va s’étendre jusqu’au 11juillet prochain.

« Moi , je n’ai donné qu’une réponse. Que je ne veux pas rentrer même si on me mettait dans un camion par force car je crains toujours pour ma sécurité. Je ne me sens pas tranquille pour envisager mon retour à Makamba (sud du Burundi) », a souligné un enseignant du camp de Nduta.

Pour d’autres, les inquiétudes surpassent les assurances du HCR.

« Le HCR nous a rassuré que personne ne va être forcé au retour, mais moi je trouve que la Tanzanie va se servir de cette soit-disante enquête biaisée pour prendre des décisions extrêmes allant jusqu’à la fermeture du camp car ils viennent déjà avec une hypothèse erronée que ‘la paix est une réalité au Burundi’. Et c’est juste un prétexte pour nous expulser », craignent-ils.

Ils demandent à ce que le HCR tienne compte du caractère confidentiel et volontaire pour laisser le soin aux seuls réfugiés burundais de faire leur choix sur le sort de « notre vie ».

« Nous avons fui et obtenu asile en bonne et due forme. C’est une première au monde que cela se fait dans un camp. Une preuve tangible que le HCR n’est plus à nos côtés mais plutôt du côté des gouvernements burundais et tanzanien qui ne nous veulent pas du bien», expliquent certains leaders communautaires.

Cependant, il y a d’autres réfugiés qui se sont montrés d’accord avec cette activité.

« Ce sont notamment ceux qui sont sur la liste de rapatriement et qui attendent le retour au Burundi depuis trois mois . Il y a aussi ceux qui sont en prison qui espèrent qu’une fois rapatriés, ils seront libres. Enfin, il y a des personnes handicapées et certains enfants non accompagnés », précise un volontaire du HCR.

Le HCR et l’administration du camp de Nduta ont essayé de tranquilliser les réfugiés que « cette enquête s’inscrit dans le cadre du recueil des points de vue pour une bonne politique de prise en charge des réfugiés », ce qui ne convainc pas tous les concernés.

Des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi demandent au HCR d’éviter de « tomber dans le piège tendu par la Tanzanie et d’abandonner ces enquêtes » qualifiées par certains réfugiés de «recommandation des autorités burundaises ».

Après Nduta qui héberge plus de 77 mille Burundais, l’enquête du HCR se poursuivra au camp de Nyarugusu qui abrite plus de 50 mille réfugiés burundais.

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Photo : vie du camp des réfugiés de Nduta

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