Gitega : le ministère en charge de l’élevage accorde une dérogation d’abattage des animaux aux musulmans malgré la persistance de l’infection bovine
À l’occasion de la célébration de la fête de mouton pour les membres de la communauté musulmane au Burundi (qui sera célébrée ce week-end), le ministère en charge de l’élevage a accordé une dérogation spéciale aux musulmans d’abattre le bétail mais a recommandé que la viande provienne des abattoirs connus. C’est le directeur de l’élevage qui l’a annoncé dans une conférence de presse de ce mercredi 6 juillet 2022. Il a rappelé que les provinces de Karusi, Cibitoke, Kayanza, Bujumbura, Makamba, Muramvya, Mwaro, Rumonge, Bubanza et Gitega sont les plus touchées par la maladie. (SOS Médias Burundi)
Selon Serges Nkurunziza , le département en charge de l’élevage a enregistré jusqu’au mois de juillet la perte de 413 têtes de bétail et 214 têtes autres pour les petits ruminants, causée par la maladie.
« Dès que nous avons pris connaissance des premiers cas, nous n’avons ménagé aucun effort pour faire face à cette épizootie et les investigations sur terrain ont été menées », a-t-il indiqué dans la conférence de presse.
Des mesures contradictoires
Serges Nkurunziza a signalé que les mesures de la fermeture des marchés et abattoirs visaient à « limiter la propagation de la maladie ». Mais il précise que le ministère vient d’accorder une dérogation dans le cadre de la célébration de la fête d’AID AL-ADHA, à la Communauté Islamique du Burundi. Il a toutefois annoncé que l’achat du bétail doit se faire en étroite collaboration entre les représentants de la Communauté Islamique du Burundi (COMIBU) et les responsables provinciaux en charge de l’élevage.
Il a confirmé qu’aucune autre personne n’est autorisée d’acheter la viande sauf les musulmans qui ont demandé la permission et que même pour les musulmans, « après cette fête les mesures visant à limiter cette maladie seront maintenues ».
Le porte-parole du ministère en charge des affaires intérieures a demandé aux musulmans et aux instances habilitées de travailler en commun pour mieux éviter la propagation de la maladie.
Mirage Ndimubandi, porte-parole de la Communauté Islamique du Burundi a remercié le gouvernement tout en promettant le respect des mesures.
Dans le cadre de la lutte contre la maladie, le ministère a confirmé que les partenaires ont accepté de contribuer pour organiser une campagne de vaccination. Une enveloppe d’un million huit cent mille dollars américains et cinq millions de francs burundais a été accordée.
Depuis mi mai, la petite nation de l’Afrique de l’est fait face à une infection bovine qui s’est déclarée dans un premier temps dans le nord-est avant de se propager sur tout le territoire national. Depuis, le Burundi fait face à une carence de viande, le gouvernement ayant interdit l’abattage et la commercialisation de la viande. Le ministre Déo-Guide Rurema, en charge de l’élevage avait récemment permis l’abattage de bêtes non atteintes par la maladie avant de revenir sur sa décision.
« Les autorités devraient penser à une solution comme elles viennent de le faire avec la fête de musulmans. Elles doivent comprendre que c’est tout un secteur pris en otage- les éleveurs, les abattoirs, les marchés et enfin l’OBR (Office burundais des recettes), ce qui finit par affecter le gouvernement ‘laborieux' », a analysé un journaliste burundais.
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Photo : Serges Nkurunziza, directeur de l’élevage au Burundi, dans la conférence de presse du 6 juillet 2022
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