Gitega : vingt-six ans après , les rescapés des massacres contre les Tutsi de Bugendana réclament toujours justice

Gitega : vingt-six ans après , les rescapés des massacres contre les Tutsi de Bugendana réclament toujours justice

Les cérémonies de commémoration des massacres de 648 Tutsi du site de déplacés de Bugendana ont eu lieu dans cette commune de la province de Gitega (centre du pays) ce dimanche 24 juillet. Les rescapés réclament toujours justice. Tous les orateurs ont demandé que la vérité éclate sur ces massacres et que leurs auteurs soient traduits devant la justice. (SOS Médias Burundi)

Les cérémonies ont débuté par le dépôt de gerbes de fleurs par les responsables de l’association des rescapés des massacres de Bugendana, l’association des rescapés de massacres du Lycée de Kibimba (même province-1993) ainsi que l’association A.C Génocide Cirimoso.

Ils ont ensuite participé à la messe en mémoire des disparus à la paroisse Cunywe de Bugendana. Abbé Déogratias Mvuyishanga, curé de cette paroisse a prêché l’amour, le pardon et la réconciliation.

Abbé Mvuyishanga a demandé aux Burundais de couper court avec le cycle néfaste de la violence et de bâtir un Burundi nouveau où règne le respect des droits humains et un État de droits.

Dans son allocution, Oswald Ntirampeba, chef du site des déplacés de Bugendana a parlé de mauvaises conditions de vie des déplacés rassemblés dans le site. Il a également évoqué les vols dans les champs de cultures dont ils sont victimes sur leur colline d’origine. Il a rappelé que les occupants font face au manque de logements décents.

M. Ntirabampa a regretté le fait que les responsables de la CNIDH (Commission nationale indépendante des droits de l’homme) et de la CVR (Commission vérité et réconciliation) n’ont pas tenu leur promesse de réfection du monument et de la tombe commune des 648 Tutsi assassinés en 1996.

Au nom des rescapés des masacres de Bugendana, Pascal Ntahonkuriye est revenu sur le calvaire qu’ont connu les déplacés. Il a expliqué qu’il n’est pas encore temps de retourner sur leur colline d’origine d’autant plus qu’ils font face à des blessures psychologiques qui n’ont pas encore cicatrisé. Il a demandé que le site des déplacés de Bugendana soit considéré comme une colline de recensement entière.

Dans son discours, Terrence Mushano, vice-président de l’association A. C Génocide Cirimoso a déploré le fait que les 648 Tutsi aient été massacrés suite à leur appartenance ethnique. Il a conseillé aux autorités burundaises de combattre toute forme de massacres ainsi que l’impunité qui prennent de plus en plus une allure inquiétante.M. Mushano regrette la persécution et les intimidations qui visent les occupants des sites de déplacés sur tout le territoire burundais, forcés de retourner sur leur colline d’origine. Il a demandé au gouvernement d’autoriser la commémoration des 29 ans des massacres des élèves du Lycée de Kibimba (massacrés le 21 octobre 1993 à la suite de l’assassinat du premier président Hutu démocratiquement élu Melchior Ndadaye), un événement annulé depuis l’arrivée du président Évariste Ndayishimiye au pouvoir en 2020, le monument des victimes étant construit dans la localité natale du chef de l’Etat qui y dispose une résidence privée.

Au nom de la commune de Bugendana, le secrétaire exécutif permanent de l’administrateur de Bugendana a tranquillisé les déplacés.

« Ils sont considérés comme d’autres citoyens sans distinction ethnique », a-t-il dit avant de promettre une assistance aux déplacés vulnérables, comptant sur la journée nationale de solidarité.

L’association des veuves et orphelins pour la défense de leurs droits (AVOD ), une association qui milite pour les droits des victimes Hutu a pris part à l’événement.

Lors des massacres de Bugendana, les communes de Mutaho, Bugendana de la province de Gitega et la commune de Gihogazi (province de Karusi, centre- est) étaient sous le contrôle d’un régiment des rebelles du mouvement rebelle Hutu le FDD, devenu le CNDD-FDD, au pouvoir depuis 2005 grâce aux accords d’Arusha de 2000.

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Photo : un homme et une femme déposent une gerbe de fleurs sur la tombe commune des Tutsi assassinés à Bugendana en 1996

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