Bubanza : cinq mille ménages expropriés demadent d’être relocalisés

Bubanza : cinq mille ménages expropriés demadent d’être relocalisés

Plus de 200 personnes se sont rendues aux bureaux du gouverneur de la province de Bubanza (ouest du Burundi) ce lundi où elles ont observé un Sit-in toute la journée. Elles ont demandé au gouverneur de plaider pour leur cause. Elles ont été expropriées de leurs terres tout comme plus de 7800 autres habitants, au profit du camp militaire de Mudubugu. L’administration leur a promis une relocalisation vers la province de Rutana (sud-est du Burundi). Elle n’a pas été effectuée. Quatre ménages se sont réfugiés en République Démocratique du Congo depuis au moment où six autres ont pris la direction d’autres localités du pays. Ces familles fuient la faim car n’ayant plus de terres cultivables. (SOS Médias Burundi)

Tous les ménages qui avaient des propriétés foncières tout près du camp de Mudubugu n’ont plus accès à leurs terres depuis le mois d’août cette année.

Les responsables du camp ont délimité un espace de 1069 hectares. Les propriétaires n’ont jamais été indemnisés.

« Je suis veuve depuis 23 ans. C’est mon mari qui m’a installée sur cette terre. Je la cultivais jusqu’à ce que les militaires m’ y interdisent l’accès. C’était mon seul gagne-pain. Nous risquons de mourir de faim moi et ma famille si on ne nous y laisse pas l’accès », s’est plainte Jeanette.

Plus de 200 personnes se sont rendues au bureau provincial de Bubanza ce lundi pour demander au gouverneur de plaider pour elles.

En tout 5000 ménages qui comptent plus de 8000 personnes n’ont plus accès à leurs champs. Ils n’ont même plus le droit de faire la récolte.

« Nous voulons qu’on nous laisse continuer à cultiver jusqu’ à ce que les services habilités tranchent pour dire à qui appartient cette propriété », propose Pascal.

Le camp militaire de Mudubugu s’étant sur trois communes. Celles de Gihanga et Bubanza (province de Bubanza-ouest) ainsi que Buganda (province de Cibitoke au nord-ouest)
avec des propriétés sur sept collines.

Le camp possède un terrain de tirs et une zone de destruction des engins usés.

Dans les années 1980, des populations avoisinantes ont été indemnisées du désagrément causé et l’administration avait promis de leur chercher des terres ailleurs.

« On nous avait promis des terres à Gihofi en commune de Bukemba, province de Rutana. Mais ils n’ont jamais mis en exécution cette promesse », explique un habitant.

Des habitants expropriés de leurs terres à Mudubugu organisent un Sit-in devant les bureaux du gouverneur de Bubanza

Les habitants ont continué à exploiter leurs terres sauf en cas d’exercices de tirs ou de destruction d’engins pour éviter les accidents.

Des conséquences s’observent

Six familles ont déjà fui Mudubugu, certains ont même décoiffé leur maison pour vendre les tôles. D’autres se sont réfugiés en RDC.

« Des élèves ne vont plus à l’école. Il y aurait même un homme mort suite à la faim. Des enfants mendient , autour du camp. Une situation pitoyable, »selon les habitants de cette localité de Mudubugu.

Le gouverneur de Bubanza promet de suivre de près cette affaire. Le dossier a été porté à la connaissance de l’ombudsman burundais. Il est déjà arrivé sur les lieux.

C’est la deuxième affaire d’expropriation qui concerne plusieurs familles en province de Bubanza, après celle de Muzinda en commune de Rugazi où des ménages sont chassés des terres sans indemnisation.

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Photo : des membres des familles expropriées à Mudubugu se concertent devant les bureaux du gouverneur de Bubanza

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