Rumonge-Bujumbura : les produits- Brarudi sont exportés vers la RDC et manquent localement
Depuis des mois, il est rapporté un manque criant des produits- Brarudi (Brasserie et limonaderie du Burundi) dans différentes localités du pays. À Bujumbura (capitale économique) et Rumonge (sud-ouest du Burundi), des commerçants et des consommateurs dénoncent une exportation vers la RDC (République Démocratique du Congo) de ces produits qui manquent éperdument. Des sources au sein de la Brarudi ont depuis expliqué la carence par un manque de devises dans le pays. (SOS Médias Burundi)
Alors qu’ils ont de difficultés à trouver des boissons à offrir à leurs clients, des propriétaires de bars et hôtels à Rumonge accusent les grossistes d’exporter les boissons -Brarudi en RDC voisine.
« Nous sommes surpris de voir des camions- remorques remplis de produits -Brarudi déchargés dans des bateaux qui emmènent la marchandise convoitée vers la RDC. C’est bizarre. Et l’administration ne réagit jamais. Apparemment, c’est un compromis entre le gouvernement et la Brarudi », se désolent des habitants de Rumonge.
Pour la seule journée de jeudi de cette semaine par exemple, des témoins affirment avoir compté au moins six camions- remorques déchargés au port commercial de Rumonge.
Prix
Alors que le prix des boissons a récemment été revu à la hausse par l’entreprise, il ne cesse d’être revu à la hausse par des propriétaires de bars et d’hôtels. À Rumonge, une Amstel est vendue jusqu’à trois mille francs burundais, le prix officiel étant de 2700 francs burundais par exemple.
Dans cette province du sud-ouest comme dans la ville commerciale Bujumbura, des propriétaires de bars et hôtels se plaignent qu’ils trouvent difficilement ou pas les boissons de la plus ancienne brasserie du Burundi. Certains avouent même qu’ils envisagent de fermer leur commerce.
« L’approvisionnement des mini-dépôts en produits- Brarudi se fait toujours par alternance et régulation des quantités en Amstel, Primus et petit Primus. Leur distribution dans les bistrots se fait de manière limitée et irrégulière. C’est difficile. On travaille à perte et risquons de fermer », regrettent-ils.
L’augmentation du prix des boissons et du ciment à laquelle s’ajoute la hausse généralisée du prix des denrées alimentaires rend de plus en plus difficiles les conditions de vie de la population qui exhorte les autorités à « laisser entrer les produits essentiels dans le pays sans payer les frais d’importation et diminuer les taxes sur les produits de première nécessité ».
Plusieurs autorités locales affirment que « la plupart de familles vivent dans une situation d’extrême pauvreté ».
Certains administratifs comme en province de Kayanza (nord du Burundi) ont dernièrement informé le premier ministre Gervais Ndirakobuca que « 40 habitants sur 50 que nous recevons ,viennent vers nous pour des raisons de pauvreté. L’augmentation des prix a déclenché une situation d’extrême pauvreté chez les habitants ».
_________________
Photo d’archives : des produits Brarudi embarqués du port de Rumonge vers la RDC
You might also like
Cibitoke : nouvelle pénurie de carburant
Il s’observe un manque criant de carburant de type essence et mazout à travers toute la province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) depuis près d’une semaine . La conséquence immédiate
Flambée des prix : Bururi et Rumonge en difficulté
De Bururi à Rumonge, dans le sud-ouest du Burundi, une hausse spectaculaire des prix des produits alimentaires met les habitants à rude épreuve, en particulier les foyers à faible revenu.
Journée du Travail : au Burundi, les promesses s’accumulent, les conditions stagnent
SOS Médias Burundi Alors que les autorités mettent en avant les progrès réalisés dans la fonction publique, les syndicats, eux, dressent un tableau bien plus sombre à l’occasion de la
