Mabanda : un homme vit dans la clandestinité de peur d’être tué par des responsables du CNDD-FDD
Alain Ndayikunda ne vit plus chez lui depuis un mois. Il craint d’être tué par le chef de colline de Mara et le responsable local du CNDD-FDD qui s’en vantent ouvertement. Un autre habitant de la même colline est détenu sur ordre des deux militants du parti présidentiel. (SOS Médias Burundi)
L’affaire à l’origine de la fuite de Ndayikunda remonte à février. Il a été accusé de n’avoir pas obtempéré aux ordres du chef de colline et du responsable local du CNDD-FDD.
« Le 25 février, il a croisé Égide Bizimana et Hakizimana, respectivement responsable des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) et responsable du CNDD-FDD à Mara. Ils ont voulu le déshabiller, mais il a résisté. Un boutiquier a qualifié d’injuste ce que faisaient les deux hommes », racontent des témoins.
Selon des habitants, les deux hommes avaient passé toute la journée à racketter toute personne qu’ils accusaient de n’avoir pas participé à des travaux communautaires.
« […], tout individu n’ayant pas participé aux travaux communautaires devait acheter deux bières-Primus pour les deux hommes du CNDD-FDD. Mais quand ils ont rencontré Ndayikunda en dehors de la buvette, ils l’ont accusé de porter des chaussures militaires. Ils se sont jetés sur lui, voulant alors les lui enlever. C’était, non seulement vraiment de fausses accusations, mais aussi leur comportement était indigne. Et ils étaient ivres », racontent des témoins.
Le lendemain, le chef de colline a émis des convocations contre Ndayikunda et un boutiquier qui avait osé dénoncer ce comportement.
Craignant de subir le même sort qu’en 2018, Ndayikunda a préféré fuir. Celui qui a répondu à la convocation a depuis été jeté au cachot.
« Il ne sort que sur autorisation de l’administrateur communal. Même le week-end dernier, il a dû demander une permission pour se rendre à un enterrement. Il est détenu seulement pour avoir dit que Ndayikunda était agressé injustement. Pouvez-vous imaginer ce qui pourrait arriver à Ndayikunda s’il était arrêté? », disent des habitants qui déplorent cette terreur.
Les responsables locaux du CNDD-FDD gardent une haine contre Ndayikunda. Ils l’accusent d’avoir refusé d’adhérer au parti présidentiel, ce qui lui a déjà coûté une séance de torture, des bastonnades et une détention pendant quelques jours. Il était alors accusé d' »entretenir une relation avec des rebelles ». Une accusation absurde, selon des habitants.
Selon les mêmes sources, Ndayikunda a porté plainte contre ses tortionnaires, mais le dossier n’a jamais avancé.
Sa famille demande à la hiérarchie administrative de rappeler à l’ordre les responsables locaux du CNDD-FDD et d’être garant de la paix et de la sécurité pour tous, surtout celle de Ndayikunda, pour qu’il retourne chez lui et vaque tranquillement à ses occupations comme tout le monde.
Les représentants locaux du parti présidentiel et l’administration locale n’ont pas voulu s’exprimer sur cette affaire.
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Photo : la province de Makamba
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