Burundi : la commission en charge des droits de l’homme a confirmé l’arrestation de Bunyoni
La CNIDH (Commission nationale indépendante des droits de l’homme) l’a communiqué sur son compte Twitter. Sixte Vigny Nimuraba, président de la commission a confirmé à SOS Médias Burundi avoir vu l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni dans son lieu de détention sans toutefois préciser l’endroit où le Général de police est détenu. (SOS Médias Burundi)
Sur son compte Twitter, la CNIDH a écrit samedi après-midi avoir vu le Général de police Alain Guillaume Bunyoni dans son lieu de détention qu’elle ne précise pas. Mais elle affirme qu’il n’a subi aucun acte de torture.
« Nous n’avons fait que notre travail et la famille a été informée. Le reste c’est aux services habilités de le communiquer », a répondu M.Nimuraba quand SOS Médias Burundi lui a demandé de nous dire le lieu de détention de Bunyoni.
« Aucune autre personne n’a été arrêtée en compagnie de l’ancien premier ministre », a déclaré Sixte Vigny Nimuraba, président de la CNIDH.
Jusqu’à présent, aucun organe étatique n’a communiqué sur l’arrestation de l’un des plus grands influents généraux et très riche issu de l’ancienne rébellion Hutu, le CNDD-FDD au pouvoir aujourd’hui depuis 2005 grâce à l’accord d’Arusha (Tanzanie) de paix et de réconciliation de 2000.
Mais sa fille aînée Darlene Bunyoni qui n’est pas au Burundi a écrit vendredi sur son compte Twitter que son père est retenu par les renseignements disant être inquiète pour sa sécurité et appelant au respect de la loi.
L’activiste en exil Pacifique Nininahazwe lui, a dit que l’ancien premier ministre a été interpellé dans la zone de Bujumbura (ouest du Burundi).
Mercredi, le ministre burundais en charge des affaires intérieures et de la sécurité Martin Niteretse avait confirmé que le Général de police était introuvable et que le parquet général de la République le recherchait.
Le procureur général de la République Sylvestre Nyandwi et sa porte-parole Agnès Bangiricenge n’étaient pas disponibles pour répondre à nos questions. Mais le procureur général avait ordonné la perquisition de deux résidences de l’ancien premier ministre dans la ville commerciale Bujumbura et en province de Rutana (sud-est) en début de semaine. Le bilan de la fouille n’a jamais été communiqué mais à Rutana, des sources policières ont dit à SOS Médias Burundi qu’il n’y avait rien dans cette résidence construite sur un grand terrain avec des terrains de jeux à l’intérieur et des bureaux.
« Même le coffre-fort se trouvant dans sa chambre était vide », ont dit à SOS Médias Burundi des sources policières.
Sur son mandat ordonnant la fouille des résidences de Bunyoni, le procureur général avait mentionné « suspecter que de grosses sommes d’argent y sont cachées ».
« Il sera très difficile d’avoir des preuves contre Bunyoni si l’on veut l’accuser d’enrichissement illicite ou de malversations économiques car avant d’entrer en fonction il n’a pas déclaré ses biens et quand il a été destitué, ses avoirs n’ont pas été communiqués non plus. Et quand la société civile et les médias ont soupçonné qu’il était impliqué dans des actes de corruption, aucune enquête n’a été ouverte contre lui », estime un représentant de la société civile locale.
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Le seul officier de la police burundaise à avoir le grade de commissaire de police général équivalent du Général des Armées et le premier officier issu de l’ancienne rébellion Hutu à avoir intégré la PNB (Police nationale du Burundi) , est visé par les sanctions américaines. La première puissance mondiale qui les avait abandonnées quelques mois après son entrée en fonction en 2020 les a renouvelées en décembre 2022, trois mois après sa destitution.
Il est soupçonné d’avoir participé dans des actes de violations graves des droits humains dans la petite nation de l’Afrique de l’est.
Aucun organe judiciaire n’a jusqu’ici ouvert d’enquête contre cet ancien rebelle qui s’exprime très rarement sur des questions politiques, suspecté d’avoir des sociétés d’extraction de minerais dans l’est du vaste pays de l’Afrique centrale – le Congo et d’avoir un grand partenariat dans le business avec l’ancien président de la Tanzanie Jakaya Kikwete.
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Photo : l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni arrêté par les services burudais
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