Affaire-Bunyoni : l’ancien premier ministre désormais locataire de la prison de Ngozi
Alain Guillaume Bunyoni a été transféré à la prison centrale de Ngozi (nord du Burundi) lundi après-midi. Un peu plus tôt le matin, il avait été entendu par la cour suprême, en chambre de conseil. Il a eu droit à un avocat. (SOS Médias Burundi)
Selon des témoins, l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni est arrivé à la cour suprême dans la capitale économique Bujumbura vers 9h 30 minutes. Il a quitté les locaux vers 11h 20 minutes. Il a comparu en tenue de prisonnier.
« Nous l’avons vu en tenue verte (tenue de prisonniers au Burundi NDLR). Il était gardé par deux policiers très vigilants », témoignent des personnes rencontrées devant les locaux de la cour suprême.
Des habitants ont été surpris.
« C’était très surprenant de voir l’ancien premier ministre Bunyoni en tenue de prisonniers. Tout le monde ici a eu peur en tout cas et personne n’a osé prendre une photo », disent des témoins qui étaient à la cour suprême ce lundi matin.
Pour ce jeune citadin, il s’agit d’une situation inimaginable.
« Voir M.Bunyoni les mains menottées au milieu de deux policiers qui le précipitaient presque…c’était à la fois étrange et inimaginable », raconte le jeune homme.
Il n’y a pas eu de communiqué de la part de la cour suprême sur la comparution du Général de police Alain Guillaume Bunyoni. Mais la porte-parole du procureur général de la République et de la cour suprême Agnès Bangiricenge a confirmé que l’ancien premier ministre a été entendu en chambre de conseil.
Bunyoni était assisté par un avocat. Sa famille qui lui avait ramené des vêtements de rechange s’est entretenue avec lui, brièvement.
Transfert à la prison de Ngozi
Après sa comparution, l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni a été transféré à la prison centrale de Ngozi (nord du Burundi). Sa cellule était prête depuis jeudi dernier.
« Très peu de gens auront accès à lui. C’est pour essayer de garder secret tout ce qui entoure son dossier. Depuis jeudi dernier, plusieurs directeurs de prisons dont Ruyigi à l’est ont imploré les dieux pour qu’il ne soit pas envoyé à leur maison d’arrêt », ont confié des sources policière et pénitentiaire à SOS Médias Burundi.
Détention illégale d’armes ?
D’après un extrait du rôle pénal vu par SOS Médias Burundi, Alain Guillaume Bunyoni a été interrogé entre autres sur la détention illégale d’armes et l’outrage envers le chef de l’État.
« Il a droit à deux armes seulement. S’ils ont trouvé plus de deux armes à sa maison, ils ont le droit de l’accuser de détention illégale d’armes même si c’est un membre des forces de sécurité », estime un analyste des questions de sécurité.
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Jeudi dernier, l’ancien commandant de la Brigade anti émeute BAE Désiré Uwamahoro, poursuivi dans le même dossier que Bunyoni, a été transféré à la prison centrale de Gitega (capitale politique) où logent les putschistes. Il y est arrivé la nuit. La même nuit, Didace Igiraneza, un chef charroi de la famille Bunyoni ,a été transféré à la prison centrale de Muramvya (centre du Burundi).
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Le lendemain en début de soirée, l’ex ingénieur de l’ancien premier ministre, Côme Niyonsaba a été envoyé à la prison de Gitega. Il était détenu dans les mêmes cachots du SNR (Service national de renseignements) dans la ville commerciale Bujumbura que son patron. SOS Médias Burundi n’a pas pu avoir des informations sur les crimes reprochés aux deux derniers.
Mais notre rédaction a appris que le colonel de police Uwamahoro a été interrogé sur « une tentative de coup d’Etat dans lequel il aurait été impliqué ».
Selon le code de procédure pénale en cours au Burundi, l’ancien rebelle Hutu Bunyoni risque 30 ans de prison ferme si les crimes qui lui sont reprochés sont prouvés.
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Photo d’illustration : Alain Guillaume Bunyoni, ancien premier ministre, lors d’une fête nationale
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