Kakuma (Kenya) : sit-in dans le camp pour dénoncer la mauvaise gestion de l’état civil
Une cinquantaine de femmes ont fait un sit-in devant le bureau du président du camp le weekend dernier. Elles voulaient exprimer leur mécontentement face à la corruption qui est exigée au cours de l’enregistrement des nouveau-nés. (SOS Médias Burundi)
Elles étaient avec leurs enfants au dos. Elles ont indiqué qu’elles viennent de passer plus de six mois sans que les services de l’état civil les reçoivent pour l’enregistrement des naissances.
« Le bureau du président du camp était en fait assiégé. Quand lui-même a su le nœud du problème, il a pris les choses en mains. Il a indiqué qu’il n’était pas informé de cette corruption qui s’élève à 2.000 shillings kényans pour faire enregistrer un enfant », expliquent certaines femmes qui ont participé à ce mouvement.
Le résultat n’a pas tardé. Depuis ce lundi, tous les enfants non enregistrés sont appelés à une campagne d’enregistrement gratuit dans les registres de l’état civil.
« Nous sommes satisfaites en tout cas. Nos enfants vont pouvoir bénéficier de tous les avantages liés à l’enregistrement, notamment l’assistance médicale en cas de maladie ou encore l’assistance en vivres et en monnaie. Et puis, le nouveau-né va faire partie de la fiche familiale. Il a bien fait d’écouter nos doléances mais nous exigeons que les agents de l’état civil corrompus soient punis », se réjouissent des mères à Kakuma.
Dans ce camp, des réfugiés burundais et congolais demandent au président du camp de se lever aussi contre des bavures commises contre eux, surtout par d’autres communautés souvent soudanaises.
« Nous sommes malheureux. Nous voulons une protection car des motards, des vendeuses de légumes ou encore des boutiquiers sont malmenés par ces gens de l’ethnie Nuer, qui sont généralement violents. Nous demandons aussi à la police de réserver pour nous une attention particulière car nous sommes vulnérables », disent des leaders communautaires des blocs dans différentes zones du camp de Kakuma.
Le camp de Kakuma, situé dans le nord-ouest du Kenya, abrite plus de deux cents mille personnes dont plus de vingt-cinq mille réfugiés burundais.
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Photo d’illustration : vue du camp des réfugiés de Kakuma
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