Nord-Kivu : les défenseurs des droits humains menacés dans les zones en conflits armés

Nord-Kivu : les défenseurs des droits humains menacés dans les zones en conflits armés

Des défenseurs des droits humains en territoire de Rutshuru alertent sur des menaces faites contre eux par des chefs de milices. Ils dénombrent 18 activistes tués par des hommes armés en l’espace de trois mois. (SOS Médias Burundi)

Dans un communiqué rendu public mardi à Kiwanja en territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC) , des défenseurs des droits humains affirment être des cibles des éléments des groupes armés qui opèrent dans cette partie de la République démocratique du Congo. Cela , depuis le début des affrontements entre les forces armées de la RDC et les rebelles du M23 dans les territoires de Rutshuru et Masisi, en province du Nord-Kivu.

Selon Patrick Ricky Paluku, responsable d’une association des défenseurs des droits humains dans le territoire de Rutshuru, au moins 18 activistes ont été tués en l’espace de trois mois seulement.

« C’est une situation qui ne nous rassure pas, nous, acteurs des droits humains en territoire de Rutshuru. Les groupes armés s’attaquent à nous et on se demande quand est ce que prendra fin cette question. Dans un espace de trois mois seulement, 18 de nos collègues ont été tués par des groupes armés dans les deux chefferies du territoire de Rutshuru, pour avoir dénoncé les barbaries que commettent ces rebelles» a-t-il indiqué

La Coordination de la société civile, Forces vives de Rutshuru, précise de son côté que des rebelles du M23, ainsi que des éléments des CMC Nyatura, Maï-Maï et autres milices locales, sont tous une source de tueries des activistes.

Un camp de déplacés dans le Nord-Kivu

Des responsables de groupes armés cités s’accusent mutuellement par rapport aux allégations de la société civile.

«Ce sont les éléments de la coalition du gouvernement de Kinshasa, CMC Nyatura, Maï-Maï et FDLR. Ils tuent des personnes et des défenseurs des droits humains dans l’unique objectif de salir notre image. Ils cachent des traces de leurs collaborations pour attaquer nos positions mais aussi attaquer tous les rwandophones », accuse le major Willy Ngoma porte-parole du M23.

« Nous ne pouvons jamais tuer la population qui nous donne sa confiance et que nous sommes censés sécuriser matin, midi et soir, et nous les protégeons comme il faut » ajoute le porte-parole militaire du mouvement du 23 mars.

En réaction, Jules Mulumba, un des responsables des milices locales jette le tort aux rebelles du M23.

“Nous nous sommes unis en une seule personne pour défendre la cause de nos compatriotes, victimes de l’agression dans notre province. Vraiment ce sont les rebelles -M23 qui tuent la population », ainsi réagit Jules Mulumba.

Depuis le début des combats dans la partie est du pays, le territoire de Rutshuru a été à maintes reprises l’épicentre de massacres des civils.

La semaine dernière, plus d’une dizaine d’habitants ont été tués dans la localité de Bungushu en chefferie de Bwito dans le Rutshuru, selon un député provincial issu de cette province. Le lieu du drame est sous contrôle des éléments de la force régionale de l’EAC.

Cet élu accuse les éléments de l’EAC des contingents kényan et ougandais et sud soudanais de collaborer étroitement avec les rebelles M23.

«Il est inconcevable de voir des personnes tuées dans une partie qui est sous contrôle des éléments de la région. Nous demandons que des mesures strictes soient prises pour mettre fin à l’insécurité », s’offusque-t-il.

Plus de 100.000 personnes ont été déplacées et des dizaines tuées à la suite d’une série d’attaques de groupes armés dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a rapporté l’ONU en mars dernier.

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Photo d’illustration : des hommes transportent un corps d’une victime des attaques d’hommes armés à l’est de la RDC, mars 2023

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