Gitega : sept personnes condamnées d’un an et deux ans de prison pour homosexualité
Parmi les sept prévenus condamnés pour homosexualité, cinq ont écopé de deux ans de prison ferme. Deux ont pris une année. Dix huit autres ont été acquittés par le tribunal de grande instance de Gitega (Centre du Burundi ). La défense indique qu’elle va interjeter appel. (SOS Médias Burundi)
Le jugement a été rendu le 22 août dernier, selon des avocats. Les condamnés travaillent ou sont dans les organes de l’association « Muco ». C’est cette association locale qui avait organisé un atelier quand les concernés ont été interpellés par la police et les renseignements dans la capitale politique Gitega, fin février 2023. Une seule personne a été condamnée par contumace. C’est l’ancienne comptable de ladite organisation.
« 18 prévenus ont été acquittés, cinq ont été condamnés à deux ans de prison ferme tandis que deux autres vont purger une peine d’une année d’emprisonnement », a expliqué un des avocats.
Les sept personnes regroupées au sein de l’association « Muco » ont été reconnues coupables d' »homosexualité et incitation à la débauche », ont confirmé à SOS Médias Burundi des sources judiciaires.
Mort d’une des personnes acquittées
Mevin Shurweryimana est mort dans la nuit de jeudi à vendredi dernier. Il était soigné pendant quelques jours à l’hôpital régional de Gitega. Des sources proches du dossier accusent les services pénitentiaires et le parquet de province de lui avoir refusé un transfert à temps.
« Le directeur de la prison et le parquet ont refusé de lui donner la permission pour qu’il aille se faire soigner à temps alors qu’il souffrait de l’hépatite B. Quand ils l’ont fait, c’était trop tard, sa santé s’était déjà dégradée », ont-elles confié à SOS Médias Burundi.
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Gitega : 24 présumés homosexuels en détention
Cet ancien mobilisateur de l’association « Muco », originaire de la colline de la localité de Mugutu (Gitega) sera enterré ce mardi, selon des sources proches de sa famille.
Le directeur général en charge des affaires pénitentiaires, la porte-parole du procureur général de la République et le responsable de la prison centrale de Gitega n’étaient pas disponibles pour réagir à ces allégations. Ils n’ont pas non plus répondu aux messages que nous leur avons adressé sur la messagerie WhatsApp.
Quatre personnes ont comparu étant libres. Jusqu’à ce lundi soir, 14 détenus qui devraient être libérés après la décision du tribunal de grande instance de Gitega, logeaient encore à la prison de la capitale politique. Un des avocats dénonce « le non respect de la loi ».
Les homosexuels, des personnes maudites selon le président Neva
« […] Les homosexuels burundais même ceux qui vivent en dehors du pays, où qu’ils soient, même aux USA, ils doivent être bannis, traités en paria, ce sont des maudits », a insisté le président Évariste Ndayishimiye lors d’une retraite parlementaire, début mars, sans mentionner le groupe qui avait été apréhendé dans la ville de Gitega, quelques jours plus tôt.
Et le 15 août dernier, lors de la célébration du 125ème anniversaire de l’église catholique au Burundi, il n’a pas mâché ses mots devant un représentant du saint père.
« Malgré que les Occidentaux ont introduit le christianisme au Burundi, nous regrettons qu’ils font la promotion de l’homosexualité, l’avortement, la fabrication des armes chimiques ainsi que l’euthanasie », a-t-il déploré.
La défense a indiqué qu’elle va interjeter appel.
Jusqu’en décembre 2022, 68 pays au monde criminalisait l’homosexualité. Ils sont situés en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Au moins 11 d’entre eux appliquent la peine de mort contre les homosexuels. Au Burundi, ils sont punis d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et d’une amende.
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