RDC-Burundi : le président Neva cherche de plus en plus de contrats pour la FDNB*

RDC-Burundi : le président Neva cherche de plus en plus de contrats pour la FDNB*

Le Burundi et la République démocratique du Congo ont signé un accord de coopération dans le domaine militaire, ce 28 août à Kinshasa, la capitale de la RDC (République démocratique du Congo). Les présidents burundais et congolais qui ont conclu l’accord, estiment qu’il permettra le retour à la paix dans l’est du Congo.Des analystes indépendants émettent des doutes. (SOS Médias Burundi)

Le président burudais Évariste Ndayishimiye, est arrivé dimanche dernier à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), pour une visite officielle de deux jours.

Accueilli à l’aéroport international de N’djili par le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, M.Ndayishimiye a partagé un dîner avec le président Félix Tshisekedi au palais présidentiel du Mont Ngaliema.

La séance officielle de travail a eu lieu lundi au Palais de la nation.

A l’issue de leur rencontre en tête-à-tête, les deux chefs d’État ont donné un point de presse conjoint sur cette rencontre bilatérale qui intervient quelques semaines après le dernier sommet des leaders de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) organisé à Bujumbura, au Burundi.

Retour sur les actions de la FDNB

« Les forces burundaises qui sont au Nord-Kivu n’ont jamais donné place à l’ennemi du peuple congolais et cela montre la bonne diplomatie entre nos deux pays et la cohabitation pacifique entre nos peuples. J’appelle d’autres éléments de la force régionale qui sont déployés en RDC à faire comme les militaires burundais », a fait l’éloge de l’armée de son pays le président Neva.

Mise en garde de Tshisekedi

En réaction, Félix Tshisekedi a lancé une mise en garde à certaines forces étrangères qui donnent un appui aux rebelles du M23, en leur permettant de collecter des taxes, selon lui.

« Nous observons de près les éléments de l’EAC mais il y a juste un petit désagrément par rapport à certains éléments de la force régionale qui appuient les rebelles. Nous pensons que la région pourra s’en occuper et chercher une piste de solution très durable », a insisté le président congolais.

Coopération militaire

Après un échange avec les journalistes devant le Palais de la nation à Kinshasa, les deux chefs d’État ont conclu un accord de coopération militaire.

« L’entente s’est faite dans les bonnes perspectives de mettre un terme aux combats et aux violations des droits humains dans la partie-est de la RDC », selon les présidents burundais et congolais.

Satisfaction de Tshisekedi

Le chef de l’État congolais s’est dit très satisfait de cet accord qui permettra également au grand voisin de l’ouest du Burundi de se développer, économiquement d’après lui.

« Le Burundi est notre ami de longue date. Nos peuples partagent plusieurs choses via les frontières et d’autres biens communs qui nous unissent. Avoir une coopération militaire avec le Burundi, c’est un atout », a affirme M.Tshisekedi.

Avis contraires

Des analystes et des habitants ne cessent de » critiquer l’inefficacité » des troupes étrangères en République démocratique du Congo.

« Cette coopération n’aboutira à rien en ce qui concerne les résultats positifs en faveur des Congolais car le président burundais est à la tête de la communauté des États de l’Afrique de l’Est qui a déployé une force à l’est du Congo. C’est une force qui n’a pas réussi sa mission » , dit Emmanuel Binyenye, un analyste politique congolais.

Selon certains habitants joints par SOS Médias Burundi, les FARDC (Forces Armées de la République démocratique du Congo) doivent toujours être dotées d’équipements suffisants au lieu d’attendre le secours de la sous-région.

« Les problèmes de notre pays sont les nôtres et nous sommes responsables. Aucune force étrangère ne peut réussir à neutraliser l’ennemi sans notre participation », a estimé un habitant d’une zone en proie à des conflits armés depuis plusieurs années dans la province du Nord-Kivu.

Un autre habitant du chef-lieu de province parle de diversion.

« Coopérer avec un pays voisin pour nous, c’est une distraction. La RDC doit chercher à maîtriser les ennemis de la paix et non à se confier aux forces extérieures », a regretté un quadragénaire de Goma.

Ambiguïté

Jusqu’à présent, les clauses de l’entente ne sont pas claires. Le président Neva s’est contenté de dire qu’une force spéciale serait envisageable pour aider le Congo à restaurer la paix et la sécurité dans sa région-est.

À la tête de l’EAC depuis juillet 2022, le président Ndayishimiye est impliqué dans le processus de paix de Nairobi (Kenya) pour ramener la paix et la stabilité dans les provinces de l’est de la RDC.

Avec une participation de plus de 1000 hommes, l’armée burundaise est engagée au sein de la Force régionale de l’EAC pour combattre les rebelles du M23 dans le Nord-Kivu et les milices locales et des groupes armés d’origine burundaise dans le Sud-Kivu.

La FDNB est présente sur le sol congolais sous deux accords: l’accord bilatéral pour une partie des militaires déployés dans le Sud-Kivu et l’accord régional pour le contingent se trouvant dans le Nord-Kivu.

FDNB*: Force de défense nationale du Burundi

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Photo d’illustration : les présidents Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi se saluent en marge d’un sommet sur la crise congolaise à Bujumbura,la capitale économique du Burundi

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