Burundi : il faut une politique salariale attrayante pour freiner le départ des médecins à l’étranger (syndicats)

Burundi : il faut une politique salariale attrayante pour freiner le départ des médecins à l’étranger (syndicats)

De maigres salaires et un manque de matériel suffisant sont les principales causes de la fuite des médecins burundais vers d’autres pays. C’est une déclaration du président du Syndicat national du personnel de santé (SYNAPS). C’était au cours d’un point de presse jeudi dernier. Il appelle le gouvernement à faire des efforts pour mettre en place une bonne politique salariale afin de mettre fin à ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. La ministre en charge de la santé s’est expliquée devant l’Assemblée nationale ce mardi. (SOS Médias Burundi)

Dr Vincent Ndayizigamiye a indiqué que cette situation de fuite de cerceaux risque d’entraîner des conséquences néfastes comme l’augmentation du taux de mortalité dans les hôpitaux et la régression du secteur de la santé.

Entouré par des membres du Syndicat des médecins généralistes du Burundi (SYMEGEB), le président du SYNAPS a parlé du salaire mensuel qui n’atteint même pas 500 mille francs burundais pour la plupart des médecins.

« Ceci les mène sans doute à penser à chercher une vie meilleure ailleurs où ils sont mieux traités », a-t-il insisté.

Selon le Dr Ndayizigamiye, les jeunes burundais risquent de ne plus trouver d’intérêt à faire de longues études de médecine.

« L’autre grand risque est que les médecins qui ne quittent pas le pays sont plus appelés par le secteur privé qui, en plus d’un salaire majoré, trouvent un bon équipement pour la mise en pratique de ce qu’ils ont appris », a ajouté le médecin.

Pour ces deux syndicats, le gouvernement devrait prendre la question en main pour sauver la vie de la population qui peut être menacée dans les prochains jours par les coûts élevés à payer dans les hôpitaux privés à la recherche de services de qualité.

Ils ajoutent qu’il faudrait également penser à payer les heures supplémentaires pour encourager ces médecins restés sur place.

Chiffres

La ministre en charge de la santé Sylvie Nzeyimana a été convoquée à l’Assemblée nationale pour s’expliquer entre autres sur les départs massifs de médecins du service public.

« 130 médecins issus de 80 structures sanitaires sont partis prester en dehors du Burundi », a-t-elle dit aux députés citant un rapport de 2021 réalisé par son ministère. C’était ce mardi dans la ville commerciale Bujumbura.

D’après des sources médicales qui se sont confiées à SOS Médias Burundi au Rwanda et au Kenya, au moins 150 médecins burundais ont été accueillis au Rwanda depuis 2014, le Kenya ayant reçu une cinquantaine depuis.

« Certains ont leurs propres cliniques au moment où d’autres sont des spécialistes de renom », rassurent nos sources.

Plusieurs autres médecins burundais partent en France ces jours-ci, ont confirmé à SOS Médias Burundi des sources médicales.

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Photo d’illustration : un salarié du secteur sanitaire dans un centre de dépistage du Covid-19 au Burundi

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