Gitega : l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni condamné à la prison à vie
Le verdict est tombé ce vendredi après-midi. L’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni en détention depuis avril cette année, devrait passer le reste de ses jours en prison. Un prisonnier sur les six qui partagent le même dossier que lui a été acquitté, trois autres condamnés à trois ans d’emprisonnement au moment deux autres dont l’ancien commandant de la Brigade anti-émeute, le colonel de police Désiré Uwamahoro devront purger 15 ans de prison ferme. (SOS Médias Burundi)
C’est le président de la cour suprême en personne, Emmanuel Gateretse qui s’est déplacé à la prison centrale de Gitega ( capitale politique) où Bunyoni est détenu depuis juillet dernier, pour lui annoncer la décision de la juridiction sous sa responsabilité.
La cour a retenu toutes les accusations du ministère public contre l’ancien premier ministre.
Il s’agit de : atteinte à la sécurité intérieure de l’État, recourir aux fétiches pour tenter d’assassiner le président Évariste Ndayishimiye, complot contre le chef de l’État dans le but de renverser le régime constitutionnel, atteinte au bon fonctionnement de l’économie nationale, prise illégale d’intérêts, outrage au chef de l’État et au premier ministre et détention illégale d’armes. La cour a aussi ordonné la saisie des biens de Bunyoni constitués de maisons, véhicules et une propriété.
La sentence a été lue en français. Des agents qui partagent le même dossier que l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni ne pouvaient pas tout comprendre. C’est ce dernier qui a joué le rôle d’interprète.
Coaccusés
Six hommes partagent la même affaire que le Général Bunyoni. Trois d’entre eux à savoir Côme Niyonsaba, ex ingénieur de Bunyoni, Isaac Banirwaninzigo, son ancien chauffeur et Melchiade Nduwimana, chef de colline Mubone dans la commune de Kabezi en province de Bujumbura (ouest du Burundi) où Bunyoni se cachait avant son arrestation en avril dernier, selon le parquet général de la République, ont écopé de trois ans de prison ferme chacun. Deux autres, le colonel de police Désiré Uwamahoro, ancien commandant de la Brigade anti-émeute et Samuel Destiné Bapfumukeko, un cadre du SNR (Service national de renseignements) ont été condamnés à 15 d’emprisonnement. Le ministère public avait requis pour eux 30 ans de prison pour « violation des secrets professionnels » notamment.
Un seul détenu a été acquitté. Il s’agit de Didace Igiraneza, ancien chauffeur de la famille Bunyoni.
Après l’annonce du verdict, Bunyoni s’est plaint.
« Pourquoi les juges se précipitent à quitter la salle sans nous donner les copies de jugement afin que nous puissions les signer pour faire appel », s’est-il désolé.
Et d’ajouter, ayant rassemblé ses coaccusés: « ce n’est pas la fin du procès ».
Maître Placide Gatoto, avocat de l’ancien premier ministre, n’était pas disponible pour répondre à nos questions. Plusieurs organisations de défense des droits humains burundaise et internationale ont toujours demandé que Bunyoni ait droit à un procès équitable. Elles avaient également souhaité la présence des observateurs internationaux indépendants, ce que les autorités de la petite nation de l’Afrique de l’est n’ont pas permis.
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Photo : l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni dans une cérémonie au palais présidentiel Ntare Rushatsi à Bujumbura
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