Cibitoke : plusieurs militaires et Imbonerakure détenus pour avoir refusé d’aller combattre en RDC

Cibitoke : plusieurs militaires et Imbonerakure détenus pour avoir refusé d’aller combattre en RDC

Au moins 10 militaires et 15 Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) sont en détention au camp militaire de Cibitoke (nord-ouest du Burundi). Ils y ont été conduits le lundi 29 janvier, selon des témoins. Les concernés sont détenus pour avoir refusé d’aller combattre aux côtés des FARDC (Forces Armées de la République démocratique du Congo) en RDC. (SOS Médias Burundi)

Les détenus avaient été déployés au Congo vendredi dernier. Ils devraient prendre la direction du Nord-Kivu pour combattre le M23. Mais en cours de route, alors qu’ils se trouvaient encore dans la province du Sud-Kivu, frontalière avec le Burundi, ces militaires et membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD ont refusé de continuer le chemin.

« On les considère comme des déserteurs », disent des sources militaires.

« Après leur arrestation, ce qui nous a tous surpris c’est leur solidarité. Ils ont dit qu’ils acceptent d’être désarmés, d’être conduits au cachot mais ont refusé d’être séparés. Au fait, ils ont voulu protéger certains d’entre eux qui pouvaient être tués par les agents du SNR ( Service national de renseignements) sur le chemin retour », ajoutent des témoins.

Des militaires burundais déployés dans le cadre de la force régionale de l’EAC à Mweso

Un responsables des Imbonerakure dans la commune de Buganda frontalière avec le Congo, parle d’une situation qui profite aux hauts gradés de l’armée et à des responsables civils issus et proches du parti présidentiel seulement.

« Notre consensus après plusieurs consultations est de ne plus se rendre de l’autre côté de la Rusizi pour combattre le M23 aux côtés des soldats de l’armée burundaise et des FARDC », renchérit-il.

Conditions de détention

Selon des sources au sein de la caserne où les 25 hommes sont détenus, aucune personne n’est autorisée à les voir, même les membres de leurs familles.

« À part les gardiens du cachot, personne ne peut même approcher là où ils sont détenus », poursuit un militaire sous couvert d’anonymat. Le commandant du camp Cibitoke n’a pas voulu s’exprimer. Mais en décembre dernier, le président Évariste Ndayishimiye a indiqué qu’il est normal que les militaires burundais soient tués sur le territoire congolais, insistant « qu’ils ont signé pour ça ».

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Récemment, plusieurs Imbonerakure ont refusé d’aller « mourir dans une guerre qui n’est pas la nôtre », après une formation accélérée à Cibitoke. SOS Médias Burundi a appris que 200 seulement ont accepté d’être déployés au Congo, sur des centaines de membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD qui avaient été formés.

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La majorité des Imbonerakure concernés sont originaires des provinces du nord-ouest, composant la nouvelle province de Bujumbura. Le responsable de la ligue des jeunes de l’ancienne rébellion Hutu dans cette province a nié ces allégations.

« Mais s’il y a une sollicitation allant dans ce sens, les Imbonerakure sont prêts à intervenir même au-delà de nos frontières pour défendre l’honneur de notre pays », a-t-il ajouté.

Jusqu’à présent, la FDNB n’a jamais rendu public le nombre de ses militaires tués sur le champ de bataille en RDC, tout comme celui de ceux qui sont en détention après avoir refusé de s’engager aux côtés des FARDC et des milices locales entretenues par les autorités congolaises.

SOS Médias Burundi a appris que plusieurs dizaines de soldats sont détenus dans différentes prisons pour les mêmes faits dont celles de Bururi et Rumonge dans le sud-ouest du pays.

D’après des sources médicales et militaires, les militaires blessés sont soignés dans la discrétion totale dans la capitale économique Bujumbura, surtout.

Les présidents Évariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi se saluent en marge d’un sommet sur la crise congolaise à Bujumbura,la capitale économique du Burundi, les deux chefs d’Etat ont conclu un accord bilatéral permettant aux forces burundaises d’intervenir au Congo

Le Burundi et le Congo ont signé un accord bilatéral permettant aux forces burundaises d’intervenir au Congo pour à la fois « combattre les groupes armés de Burundais au Sud-Kivu et aider l’armée congolaise à lutter contre le M23 au Nord-Kivu ».

Au Nord-Kivu, l’armée burundaise y a subi plusieurs pertes depuis octobre 2023, ce qui a poussé beaucoup de militaires à refuser d’aller sur le terrain au Congo ou à déserter surtout pour les jeunes officiers.

Des activistes et militaires estiment que « c’est honteux de voir des fils du Burundi mourir dans une guerre qui n’est pas la nôtre et sous l’uniforme de l’armée congolaise, aux côtés des milices et groupes de génocidaires dont les FDLR ».

Les responsables de l’armée burundaise et les représentants du CNDD-FDD ont toujours balayé d’un revers de main les allégations selon lesquelles les jeunes affiliés à l’ancienne rébellion Hutu accompagnent la FDNB au Congo.

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Photo d’illustration : un rassemblement des Imbonerakure lors de la sixième édition de la journée dédiée aux Imbonerakure, août 2022

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