Burundi : des organisations nationales et internationales exigent la libération de la journaliste Floriane Irangabiye

Burundi : des organisations nationales et internationales exigent la libération de la journaliste Floriane Irangabiye

Amnesty International, CPJ et la Ligue Iteka demandent à la justice burundaise et au gouvernement de libérer la journaliste Floriane Irangabiye. Ces organisations estiment « qu’elle a assez souffert et qu’elle n’aurait jamais dû être arrêtée et envoyée en prison ». La semaine dernière, la cour suprême du pays a maintenu contre la journaliste Floriane Irangabiye la peine de 10 ans de prison que les premiers juges avaient prononcé contre elle. (SOS Médias Burundi)

Les trois organisations parlent d’une violation des droits de notre consœur. Pour Amnesty International, le rejet du recours de Floriane Irangabiye fait partie de la répression répandue des voix critiques au Burundi.

« Amnesty International a été profondément déçu par la décision de la cour suprême de rejeter le pourvoi en cassation de la journaliste Floriane Irangabiye et sa décision de confirmer sa condamnation de dix ans en prison. Cette condamnation et son emprisonnement constituent une violation de son droit à la liberté d’expression et fait partie de la répression répandue des droits critiques au Burundi. Avec nos membres qui se sont beaucoup mobilisés en solidarité avec elle, nous continuerons à demander sa libération immédiate et sans conditions », dit Rachel Nicholson, chercheuse sur les questions du Burundi et du Rwanda chez Amnesty International.

La Ligue Iteka quant à elle parle d’une affaire politique.

« D’une part ça nous a choqué mais d’autre part, rien n’est étonnant, parce que c’est connu pour tout le monde, c’est un dossier politique et ce genre de dossiers ne sont pas résolus par la justice. Ce sont les commanditaires de son arrestation qui vont la libérer. On n’a rien à demander à la justice burundaise. Nous savons qu’elle est incapable. Tout simplement nous saisissons cette occasion pour demander au gouvernement du Burundi de se ressaisir, revoir sa décision et libérer cette journaliste », a réagi Anschaire Nikoyagize, son président.

Et de poursuivre : « À la Ligue Iteka, nous allons continuer à sensibiliser la communauté internationale surtout les partenaires du Burundi à revoir les relations qu’ils ont avec ce gouvernement qui emprisonne les innocents, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme alors qu’il devrait les protéger, leur garantir la liberté d’expression ».

Pour le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), Floriane Irangabiye qui est injustement détenue, ce que le gouvernement aussi sait, selon Angela Quintal, son responsable du programme Afrique, devrait être libérée sans condition.

LIRE AUSSI :

Burundi-Presse : la chambre de cassation de la cour suprême a maintenu la peine de 10 ans d’emprisonnement contre Floriane Irangabiye

« Le Comité pour la Protection des Journalistes est profondément déçu que le recours de la journaliste burundaise Floriane Irangabiye devant la plus haute juridiction du pays ait été rejeté la semaine dernière et que sa peine injuste de 10 ans de prison ait été confirmée. Nous réaffirmons notre inquiétude quant à la détérioration de l’état de santé de Floriane en prison et exhortons au minimum les autorités à veiller à ce qu’elle reçoive des soins médicaux appropriés », a confié à SOS Médias Burundi Angela Quintal.

« Il est grand temps que les autorités burundaises veillent à ce que Floriane soit libérée. Elle n’aurait jamais dû être arrêtée et n’a pas sa place derrière les barreaux. Le gouvernement burundais le sait. En effet, le monde le sait. Floriane a assez souffert. Il est temps de faire le bon choix : libérer Floriane Irangabiye maintenant », conclut-elle.

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Photo : la journaliste Floriane Irangabiye parle à sa maman après l’audience du 11 janvier 2024, à Bujumbura

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