Tanzanie : plus de 100 militants du CNL demandeurs d’asile
Plus d’une centaine de Burundais, membres du parti de l’opposition CNL, originaires essentiellement des provinces Gitega, Ruyigi et Makamba ont fui le pays en fin de semaine dernière. Ils se sont réfugiés en Tanzanie, craignant pour leur sécurité.Ils sont installés au centre urbain de la région de Kigoma attendant d’être enregistrés comme réfugiés. (SOS Médias Burundi)
Ces nouveaux arrivants sont répartis en 23 ménages, composés essentiellement d’enfants et de femmes.
Ils sont arrivés à la porte du camp de Nyarugusu en Tanzanie depuis dimanche dernier mais n’ont été reçus que le soir de lundi, d’après nos sources sur place.
Leur état était critique.
« Certains avaient des pieds enflés, affamés, apparemment très fatigués par le trajet, leurs enfants pleuraient tout le temps. Nous avons essayé de leur donner à manger et à boire », affirment des réfugiés du village 7, zone 11 qui a servi de point d’entrée aux demandeurs d’asile.
Ils affirment avoir passé la nuit dans une réserve proche avant de venir au camp vers 10 heures dimanche.
Aucune autorité n’a semblé s’intéresser à eux sauf ce lundi soir quand la police et l’adjoint du président du camp les ont refoulés.
D’après leurs dires, ils sont originaires des provinces Gitega et Ruyigi (centre-est) ainsi que Makamba (sud) et sont essentiellement membres du parti CNL.
« Nous sommes persécutés car nous sommes membres du CNL. Certaines de nos connaissances sont portées disparues, d’autres tuées ou encore arrêtées arbitrairement. Nous demandons une protection », ont-ils supplié.
L’adjoint du président du camp leur a dit, apprend-on, qu’«au Burundi il n’y a pas de guerre ni de conflit armé ou encore d’affrontements. Et donc, qu’ils doivent retourner dans leur pays sinon qu’ils seront considérés comme des perturbateurs de la sécurité ».
« Vous n’êtes pas les bienvenus car le motif d’insécurité n’est pas fondé », leur a-t-il signifié.
Sur injonction de cet administratif, la police et les gardiens civils ont sommé ces Burundais de rebrousser chemin. Ces derniers, se sont exécutés, malgré eux.
« Nous ne pouvons pas retourner à Gitega, nous allons demander refuge dans les villages environnant le camp. Il y a d’autres qui sont derrière nous qui doivent arriver d’un moment à l’autre », ont-ils indiqué déplorant avoir fait un trajet de plus de deux semaines pour rien.
L’administration du camp de Nyarugusu, qui compte plus de 50.000 réfugiés burundais a mis en garde tout réfugié qui tenterait d’héberger ces demandeurs d’asile, qu’il sera sévèrement puni.
Cependant, même s’ils n’ont pas été accueillis au camp de Nyarugusu où ils s’étaient présentés pour la première fois, le HCR est par après intervenu.
D’après nos sources sur place, ces Burundais ont par la suite été conduits vers un centre d’accueil installé au centre urbain de la province de Kigoma dans le nord-ouest de la Tanzanie où ils attendent d’être identifiés et enregistrés pour recevoir le statut de réfugié.
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Photo : un groupe de militants CNL et leurs familles à Nyarugusu
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