Bujumbura : les enfants délocalisés suite aux inondations passent le concours national dans des conditions difficiles

Bujumbura : les enfants délocalisés suite aux inondations passent le concours national dans des conditions difficiles

Du 4 au 6 juin 2024 se déroule le concours national au Burundi pour les élèves de la 9ème année. L’édition 2023-2024 s’enchaîne dans 907 centres. Un centre de Mubimbi dans la province de Bujumbura (ouest du Burundi) accueille des enfants qui ont été délocalisés récemment en provenance de la zone de Gatumba, frontalière avec la République Démocratique du Congo, l’une des régions qui ont été beaucoup touchées par les inondations. Les lauréats passent le test dans des conditions très difficiles. (SOS Médias Burundi)

Des centaines de familles ont été délocalisées de Gatumba à Mubimbi par les autorités burundaises ces dernières semaines. Des enfants issus de ses familles devenus des déplacés internes, passent le concours national, comme d’autres apprenants de la petite nation de l’Afrique de l’est, en classe de 9ème année en vue d’être admis au cycle supérieur ou post- fondamental. Seulement, les nouveaux occupants de Matyazo font face à d’énormes défis, ce qui affecte leur concentration.

Les conditions de vie dans le site font appel à un réel pouvoir d’adaptation: L’exiguïté du site fait que jeunes et adultes dorment sous la même tente, le site lui-même se trouve dans des conditions d’hygiène assez critiques, sans parler des lieux d’aisance à la salubrité tout juste basique comme dans tout campement des déplacés, improvisé.

« Tous ces jeunes avaient dans leurs habitudes à Gatumba un rythme de vie qui est actuellement complètement chamboulé. Chacun participait à sa façon à la vie de sa famille soit en ramenant l’eau à la maison , ou en allant acheter du charbon pour la cuisson des aliments du soir, soit en aidant sa maman commerçante à vider l’étalage et à faire rentrer les invendus …, avant de retrouver les camarades du coin pour la révision des cours ou les explications par les plus doués en cas de besoin », analyse une journaliste spécialiste des questions des enfants au Burundi.

Ils ont été accueillis par le froid à Mubimbi, de nouveaux camarades et candidats au concours sans oublier qu’ils ont eu un nouveau numéro d’inscription, poursuit-elle.

Aujourd’hui, selon des parents, l’ambiance n’est pas à la préparation du concours, mais à l’adaptation de la nouvelle vie dans ce lieu étrange.

Des hangars servant de logements aux nouveaux occupants de Matyazo, le 10 mai 2024

Des parents dénoncent déjà des conditions intenables. Léa Ntamavukiro , mère de 10 enfants est une nouvelle occupante de Matyazo. Dans un premier temps, elle a déménagé en compagnie d’un seul enfant.

« C’est une vie totalement nouvelle que nous commençons ici. Je ne pense pas que nous pourrons vivre ici. Je suis venue avec ce seul enfant. Mon mari et les autres enfants sont restés à Gatumba. Nous nous remettons entre les mains de Dieu seulement », dit-elle.

Quant à Josephine qui a 7 enfants, elle a peur de l’avenir.

« A part le froid auquel nous sommes exposés, nous nous posons beaucoup de questions: comment nos enfants vont pouvoir étudier? Il n’y a pas de marché ici, comment allons-nous survivre? Nous avons beaucoup de questionnements sans réponse, peut-être que le gouvernement va nous assiter. Nous avons vraiment peur de notre avenir », se lamente celle qui a tout perdu, y compris une partie de l’aide qu’elle avait reçue avant d’etre délocalisée.

« Tout indique que ces candidats partent perdants à ce concours qui fait penser pour la plupart des élèves à un jeu de ‘pile ou face’, car il ouvre ou ferme les portes de la scolarité ».

LIRE AUSSI :

Au moins 3306 enseignants ont été mobilisés pour surveiller 81.429 élèves cette année, a annoncé mardi le ministre burundais en charge de l’éducation nationale François Havyarimana.

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Photo : des enfants en attente d’être délocalisés vers le site de Mubimbi, le 10 mai 2024

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