Bujumbura-Mairie : les légumières également affectées par la crise de carburant

Bujumbura-Mairie : les légumières également affectées par la crise de carburant

Les vendeuses de fruits dans les quartiers de Bujumbura ne savent plus où donner de la tête. Le manque de carburant affecte le transport des produits. (SOS Médias Burundi)

SOS Médias Burundi a suivi à la trace Pascasie, originaire de Nyambuye en commune Isale, province Burumbura (ex-Rural). Elle élève, seule, ses six enfants, depuis que son mari l’a quittée.

Elle « s’arrache » habituellement du lit à 4h du matin, prend une moto pour se rendre au marché COTEBU où elle s’approvisionne en avocats, bananes mûres, tomates, oranges, et divers légumes qu’elle charge ensuite en taxi-voiture pour rejoindre son étalage à Mutanga Nord. Le marché et son lieu de travail sont situés dans le nord de la ville commerciale Bujumbura. Selon elle, elle risque d’abandonner son gagne-pain de toujours.

Les prix ont presque triplé au marché COTEBU car ses articles proviennent de l’intérieur par des véhicules.

Or le carburant s’obtient à prix d’or, encore faut-il en trouver ! La moto et le taxi à leur tour lui présentent de grosses factures pour son transport.

Lorsqu’elle répercute ces coûts sur ses articles pour garder sa marge bénéficiaire, ses clients réguliers, dont les boutiquiers, rechignent.

Ils refusent ses prix car les ménages boudent les nouveaux prix de ces boutiquiers, jugés excessifs.

Un boulevard sans véhicule suite à la pénurie de carburant à Bujumbura, le 10 juin 2024

Alors qu’avant Pascasie écoulait aisément trois paniers de tomates chaque jour, actuellement elle n’arrive plus à en vider ne fût-ce qu’un seul. D’où sa grogne.

Que peut-elle faire d’autre pour nourrir sa progéniture?

Elle tourne les yeux vers les dirigeants du pays pour qu’ils trouvent au plus vite une réponse à cette pénurie de carburant qui perdure.

Or des Pascasie pénalisées par cette crise font légion. Elles sont nombreuses dans presque chaque quartier de la capitale économique, ces femmes qui passent toutes leurs journées devant leur étalage de fruits et légumes, parfois allaitant leurs petits sous l’ombre d’un parapluie, esquivant ainsi l’ardeur du soleil d’été et la chaleur de Bujumbura.

Et toutes celles que nous avons rencontrées ont la même requête au bout des lèvres : que l’autorité mette un terme à la crise de carburant.

Si donc les activités au bas de l’échelle de l’économie nationale s’en trouvent paralysées, qu’en est-il de la macro-finance au Burundi ? S’interrogent des observateurs.

Sans hydrocarbure, cette énergie fossile dont le pays est cruellement en manque, tous les rouages de l’économie du pays tournent au ralenti.

_______________________________________________

Photo : des vendeuses de fruits et légumes dans une rue de Bujumbura

Previous Burundi : la CNIDH résiste à son agonie
Next Requiem pour le CNC

You might also like

Économie

Pénurie du sucre : seuls les fonctionnaires ont droit à l’achat à Bujumbura

Dans plusieurs boutiques et alimentations, on ne trouve pas de sucre. Rares parfois sont des boutiques qui détaillent par grammes.Les habitants disent s’y habituer même si ce n’es est pas

Société

Bujumbura : les autorités burundaises n’arrivent pas à donner du carburant aux automobilistes mais saisissent les bus

La police de roulage du Burundi affirme avoir saisi au moins 70 bus de transport en commun sur 200 visés par des sanctions contre les automobilistes qui revendent le carburant

Économie

Gatumba : réouverture de la frontière entre le Burundi et la RDC

Le Burundi a rouvert ce mardi sa frontière avec la République Démocratique du Congo au poste de Gatumba. Un millier de Burundais et Congolais étaient sur place en attente de