Bujumbura-Mairie : les légumières également affectées par la crise de carburant
Les vendeuses de fruits dans les quartiers de Bujumbura ne savent plus où donner de la tête. Le manque de carburant affecte le transport des produits. (SOS Médias Burundi)
SOS Médias Burundi a suivi à la trace Pascasie, originaire de Nyambuye en commune Isale, province Burumbura (ex-Rural). Elle élève, seule, ses six enfants, depuis que son mari l’a quittée.
Elle « s’arrache » habituellement du lit à 4h du matin, prend une moto pour se rendre au marché COTEBU où elle s’approvisionne en avocats, bananes mûres, tomates, oranges, et divers légumes qu’elle charge ensuite en taxi-voiture pour rejoindre son étalage à Mutanga Nord. Le marché et son lieu de travail sont situés dans le nord de la ville commerciale Bujumbura. Selon elle, elle risque d’abandonner son gagne-pain de toujours.
Les prix ont presque triplé au marché COTEBU car ses articles proviennent de l’intérieur par des véhicules.
Or le carburant s’obtient à prix d’or, encore faut-il en trouver ! La moto et le taxi à leur tour lui présentent de grosses factures pour son transport.
Lorsqu’elle répercute ces coûts sur ses articles pour garder sa marge bénéficiaire, ses clients réguliers, dont les boutiquiers, rechignent.
Ils refusent ses prix car les ménages boudent les nouveaux prix de ces boutiquiers, jugés excessifs.

Alors qu’avant Pascasie écoulait aisément trois paniers de tomates chaque jour, actuellement elle n’arrive plus à en vider ne fût-ce qu’un seul. D’où sa grogne.
Que peut-elle faire d’autre pour nourrir sa progéniture?
Elle tourne les yeux vers les dirigeants du pays pour qu’ils trouvent au plus vite une réponse à cette pénurie de carburant qui perdure.
Or des Pascasie pénalisées par cette crise font légion. Elles sont nombreuses dans presque chaque quartier de la capitale économique, ces femmes qui passent toutes leurs journées devant leur étalage de fruits et légumes, parfois allaitant leurs petits sous l’ombre d’un parapluie, esquivant ainsi l’ardeur du soleil d’été et la chaleur de Bujumbura.
Et toutes celles que nous avons rencontrées ont la même requête au bout des lèvres : que l’autorité mette un terme à la crise de carburant.
Si donc les activités au bas de l’échelle de l’économie nationale s’en trouvent paralysées, qu’en est-il de la macro-finance au Burundi ? S’interrogent des observateurs.
Sans hydrocarbure, cette énergie fossile dont le pays est cruellement en manque, tous les rouages de l’économie du pays tournent au ralenti.
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Photo : des vendeuses de fruits et légumes dans une rue de Bujumbura
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