Traite d’êtres humains : l’ONLCT alerte sur le calvaire des migrants burundais emprisonnés en Tanzanie

Traite d’êtres humains : l’ONLCT alerte sur le calvaire des migrants burundais emprisonnés en Tanzanie

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 3 août 2025- À l’occasion de la Journée mondiale pour la lutte contre la traite des êtres humains, célébrée le 30 juillet dernier, l’Observatoire National pour la Lutte contre la Criminalité Transnationale (ONLCT) « Où est ton frère ? » alerte sur une recrudescence inquiétante de ce fléau au Burundi. L’organisation souligne que les jeunes et les enfants, particulièrement pendant les grandes vacances, en sont les principales victimes.

Dans son communiqué, l’ONLCT déplore que cette journée internationale se déroule alors que des centaines de Burundais, en majorité des jeunes, sont actuellement incarcérés en Tanzanie pour migration irrégulière. Depuis juin 2025, l’organisation a documenté 476 migrants burundais arrêtés et détenus à divers endroits : 64 à Ngara, 93 à Mwanza, 175 à Silali, 13 à Nyakahura – où ils ont été dépouillés de leurs biens –, 38 à Kumunzane et Ntanga, et 93 autres à Kibondo, dans la province de Kigoma, frontalière avec le Burundi dans le nord-ouest de la Tanzanie.

Selon l’ONLCT, la plupart utilisaient la Tanzanie comme pays de transit vers le Kenya, espérant y trouver de meilleures conditions de vie, souvent au péril de leur liberté et de leur sécurité.

Des recommandations fortes au gouvernement

Face à cette situation alarmante, l’organisation appelle les autorités burundaises à agir de toute urgence. Elle formule deux recommandations principales :

  1. Nommer des ambassadeurs engagés dans la défense des droits des migrants, en soulignant que certains diplomates en poste ne semblent pas accorder l’attention nécessaire à la protection de leurs concitoyens à l’étranger.
  2. Moderniser les mécanismes d’octroi de documents de voyage et de séjour pour les migrants et membres de la diaspora, afin de faciliter leur régularisation sans obligation de retour au pays.

L’ONLCT considère que le manque d’accès à ces documents est l’une des causes majeures des migrations clandestines et, par conséquent, de la traite des êtres humains.

Dans ce même communiqué, Maître Prime Mbarubukeye, président et représentant légal de l’ONLCT, rappelle que la lutte contre la traite d’êtres humains ne peut réussir sans volonté politique et engagement diplomatique réel pour protéger les plus vulnérables.

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Photo : Des enfants victimes de trafic humain, refoulés par les autorités tanzaniennes à la frontière burundo-tanzanienne, septembre 2024. © DR

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