Burundi : triple assassinat des religieuses italiennes, 11 ans de silence et de mystère
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 11 septembre 2025 – Onze ans après le lâche assassinat de trois sœurs de la communauté missionnaire Xavérienne, originaires d’Italie, la justice burundaise n’a toujours pas identifié ni traduit en justice les auteurs de ce crime odieux. Les religieuses, Sœur Olga Raschietti (83 ans), Sœur Lucia Pulici (75 ans) et Sœur Bernadetta Boggian (79 ans), avaient été brutalement tuées au sein de la paroisse Maria Conforti de Kamenge, au nord de la capitale économique du Burundi, dans la nuit du 7 au 8 septembre 2014.
Le 7 septembre 2014, les deux premières religieuses, Sœur Olga Raschietti et Sœur Lucia Pulici, ont été retrouvées le dimanche après-midi, violées et assassinées : l’une égorgée et l’autre frappée à coups de pierre. Le lendemain matin, Sœur Bernadetta Boggian a été retrouvée décapitée dans sa chambre, la seule laissée ouverte. Ces circonstances ont choqué la communauté internationale et profondément ému la population burundaise.
Alors que les corps des deux premières victimes étaient transportés à l’hôpital Roi Khaled à Kamenge, un reporter de SOS Médias Burundi avait constaté que la paroisse restait gardée par des militaires et des policiers postés autour de l’enclos. Cette protection, pourtant présente, n’a pas empêché l’assassinat de la troisième religieuse. D’après des sources contactées par SOS Médias Burundi, le suspect arrêté à l’époque était un jeune homme connu dans la zone de Kamenge, souffrant de troubles mentaux, et il reste interné dans un centre psychiatrique.
Trois religieuses au service des autres
Sœur Lucia Pulici, Sœur Olga Raschietti et Sœur Bernadetta Boggian étaient unanimement reconnues pour leur engagement auprès des plus démunis, leur dévouement à l’éducation des jeunes et leur implication dans la pastorale locale. Leur vie, marquée par le service et l’altruisme, contraste tragiquement avec la brutalité de leur mort.
Un appel pressant à la justice
À l’occasion d’une messe commémorative célébrée le 8 septembre 2025, l’abbé Philbert Ntahimpera, curé de la paroisse Maria Conforti, a appelé les autorités judiciaires à faire la lumière sur ce triple meurtre :
« La justice et la vérité sont des conditions essentielles pour la paix et le pardon. Il est impératif que la vérité sur cet assassinat soit enfin connue et que les auteurs de ce crime soient identifiés et arrêtés. »
Le curé a insisté sur le fait que, loin de toute vengeance, l’Église continue de prier pour les criminels afin qu’ils se repentent et se convertissent, soulignant que seule la justice permettra un véritable apaisement pour les fidèles et les proches des victimes.
Onze ans d’attente
Onze ans après le drame, les promesses d’enquête et les appels à la transparence restent lettres mortes. La lenteur des investigations, parfois perçue comme une absence de volonté politique, alimente l’inquiétude et l’amertume des communautés locales et internationales attachées à ces religieuses.
Cet assassinat reste un symbole tragique des tensions qui traversaient le Burundi à l’époque, et rappelle que la quête de vérité et de justice demeure une condition indispensable pour la réconciliation et la paix durable dans le pays.
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Photo : les trois religieuses xavériennes, Sœur Olga Raschietti, Sœur Lucia Pulici et Sœur Bernadetta Boggian, ont été assassinées les 7 et 8 septembre 2014 à Bujumbura, dans leur couvent de la paroisse Maria Conforti à Kamenge. Ce drame, qui a profondément choqué la communauté catholique burundaise et internationale, reste non élucidé à ce jour. ©DR
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